Ras-le-bol fiscal et retenue à la source, le faible bilan de François Hollande

Le ras le bol fiscal

François Hollande avait promis lors de sa campagne en 2012 une réforme fiscale d’ampleur en France. Son engagement ne sera pas tenu d’ici le prochain scrutin de 2017. Le candidat Hollande proposait de  fusionner la Contribution Sociale Généralisée (CSG) avec l’impôt sur le revenu, ceci permettant plus de simplification mais aussi plus de progressivité au niveau de la fiscalité des particuliers. En effet, la CSG, créée par la Loi de finances de 1991, a toujours été assise sur les salaires selon l’application d’un taux. Elle est une contribution dont la proportionnalité est identique quel que soit le niveau de rémunération, contrairement à la progressivité de l’impôt sur le revenu avec une imposition qui est d’autant moins élevée que les revenus sont faibles et inversement. La CSG étant ainsi moins juste que l’impôt sur le revenu, sa fusion aurait abouti à plus de justice fiscale.

En matière de réforme de la fiscalité, il faudra se contenter pour ce mandat du prélèvement à la source concernant l’impôt sur le revenu. C’est certes un changement qui n’est pas sans conséquence pour tous les contribuables, encore que beaucoup sont déjà mensualisés. Mais la réforme est seulement technique puisqu’elle porte sur la façon de prélever l’impôt. Pas de révolution fiscale à l’horizon ! Il y aura bien-sûr une année de revenu qui ne sera jamais fiscalisée, 2017 puisque la retenue à la source sera effective à compter du 1er janvier 2018. Mais loin de là l’idée que cette année dite « blanche » permettra d’échapper à l’impôt. Beaucoup de choses ont été dites à ce propos, les commentaires ont parfois frisé le phantasme. Le projet de Loi de finances pour 2017 pose désormais les règles à venir et confirme que la mesure ne change rien à la donne fiscale.

Hollande aura également déçu sur la question fiscale. Les réformes auront surtout visé les entreprises, avec le CICE. Très vite, le « ral-le-bol fiscal » s’est fait sentir chez les particuliers. En plus d’avoir manqué d’ambition, l’exécutif s’est mis à dos le contribuable lambda avec une hausse conséquente des prélèvements obligatoires à partir de 2012. Le projet de budget 2017 prévoit néanmoins une réduction de la facture fiscale des classes moyennes. On peut toujours se poser la question sur le choix du moment. A un an des prochaines échéances présidentielles, il n’est pas interdit de penser qu’il y a là un calcul électoraliste. Mais il n’est pas défendu non plus de croire qu’après des années de rigueur fiscale soit redistribué du pouvoir d’achat au travers d’allègements fiscaux afin de conforter une tendance à la reprise économique. La question sera bientôt tranchée dans les urnes.

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Pourquoi les politiques ne sont-ils jamais d’accord entre eux sur l’économie

Politique et économie

Il est fréquent d’entendre dire qu’on trouve de bonnes propositions dans chacun des programmes politiques nonobstant les partis qui s’en réclament. De là l’idée que le ou la candidate parfaite à une élection serait la personne incarnant tous les projets à la fois. Pourtant, ce ou cette candidate n’existe pas et n’existera jamais. Il y a bien-sûr celles et ceux qui se présentent comme les dépositaires d’une synthèse la plus large qui soit. Mais celle-ci n’embrasse jamais la totalité des courants. Il y a parfois des gouvernements d’union nationale, mais ceux-ci existent surtout pour répondre à une situation exceptionnelle. Il n’est pas d’homme ou de femme providentiel en mesure de cristalliser à son niveau toute la pensée politique puisque s’y loge tant d’antinomie qu’est impossible toute convergence unique. En matière économique, aucune ligne ne peut embrasser toutes les autres. L’économie en effet n’est pas une science au même titre que la physique ou encore les mathématiques. Il n’y a aucune vérité économique qui ait la force d’une démonstration algébrique. Certains économistes peuvent encore penser que chaque individu est un être rationnel guidé par ses intérêts personnels, ce qui en ferait un être prévisible comme peuvent l’être certaines causalités physiques, l’homo oeconomicus qu’ils défendent ainsi reste une construction conceptuelle sans prise réelle dans le champ politique.

Les hommes et femmes politiques ne partageront jamais un avis unanime à propos de l’économie puisque celle-ci, en plus d’être descriptive, est normative. Des considérations morales entrent en ligne de compte dans la formation d’une opinion économique, tout comme celle-ci est déterminée par le point de vue de l’observateur. Les avis en économie ne sont-ils pas divergents selon la catégorie sociale et professionnelle où ils sont exprimés ? Serait-t-il alors possible qu’une politique économique emporte l’adhésion de tous ? Qui pourrait-être capable de construire un projet levant toutes les contradictions entre les courants de pensée ? L’action politique repose sur une hiérarchisation des valeurs et l’économie n’y échappe pas. Même si cette dernière dans certains cas gouverne la politique, il est toujours question d’intérêts particuliers ne permettant de confondre économie et politique dans leur globalité.

Le débat est au fondement du rapport entre l’économie et la politique. C’est ainsi qu’il ne sera jamais tranché. Pas étonnant donc que le monde politique se divise toujours sur la question économique et se divisera encore. Quatre siècle avant notre ère, Platon et Aristote déjà réfléchissaient sur ce rapport. Le premier pensait que seul le débat politique permettrait à l’économie d’atteindre une forme de sagesse en l’éloignant de l’avidité matérielle. Aristote quant à lui distinguait ce qu’est une bonne économie, celle selon lui permettant la seule satisfaction des besoins naturels, d’une mauvaise économie lorsque celle-ci vise la recherche du profit. En somme, les deux penseurs partageaient la même opinion sur la nécessité de la politique pour commander l’économie. Plus tard, ce sera la religion qui prendra le relais, avec notamment Thomas d’Aquin qui au XIIIème siècle établit un lien entre la dimension religieuse et les affaires économiques. La pensée d’Aristote est encore très présente, l’Eglise concluant sur l’interdiction de faire crédit et de réaliser des profits. Par la suite, l’Europe devenant de plus en plus marchande, la pense économique se libéralise en parallèle des conflits religieux qui ensanglantent le continent et de la progression des Lumières. Aujourd’hui, l’économie est une matière très particulière, l’une des rares à avoir investi le champ scientifique tout en conservant une dimension morale. C’est cette dernière caractéristique qui empêche l’unanimité à son propos et qui fait qu’hommes et femmes politiques ne seront jamais d’accord la concernant.

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Sarkozy et Hollande dos à dos sur le chômage et la compétitivité en France, le Front national en embuscade

Sarkozy et Hollande contre le chômage

François Hollande aura mené durant son mandat une politique de l’offre. Sa ligne économique a en effet consisté à mettre à contribution les pouvoirs publics pour un allègement des charges des entreprises, de façon à rendre celles-ci plus compétitives vis-à-vis de l’étranger et les inciter à embaucher en diminuant le coût du travail. Le Crédit d’Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi (CICE) a été créé en ce sens, en allégeant les frais salariaux en France sur base d’une réduction d’impôt. C’est ainsi presque 20 milliards d’euros qui chaque année sont désormais reversés aux entreprises. Le chômage a-t-il ainsi baissé et la France est-elle devenue plus compétitive sur la scène internationale ? Les derniers chiffres livrés par Pôle Emploi au titre d’août 2016 font état d’une  hausse de 50 000 demandeurs d’emploi dans la catégorie A, soit sur l’un mois les plus catastrophique du mandat de François Hollande. Autant dire que le CICE a du plomb dans l’aile. Certes, s’agissant des données concernant août, un effet saisonnier peut biaiser la tendance de fond. Il s’agit en effet d’un mois caractérisé par une entrée massive de jeunes demandeurs d’emploi juste compte tenu de la fin d’une période scolaire, en attendant que les sollicitations de poste auprès des entrepreneurs produisent leurs effets. Mais tout de même, Pôle emploi une fois encore douche très froidement l’exécutif en place et ses chiffres confirment l’impasse politique actuelle à propos du chômage. François Hollande n’en a pas moins conditionné sa candidature aux prochaines présidentielles à l’inversion de la courbe du chômage. Reconnaissons que sa démarche dégageait un certain panache. Mais cela ne suffit pas pour emmener l’économie avec soi sur des chemins plus prometteurs.

A quelques mois de la fin du mandat de François Hollande, il est déjà possible de tirer un premier bilan de son action contre le chômage. Sauf surprise de dernière minute qui voudrait que l’activité économique s’emballe brutalement en 2017, ce que ne dit aucune projection sur le sujet tant en France qu’à l’étranger, le nombre de chômeurs aura augmenté d’un peu plus de 600 000 personnes depuis 2012. Autant dire que le bilan est mauvais, mais ne l’est pas plus, voire un peu moins que celui de Nicolas Sarkozy qui a vu le chômage s’accroître d’un peu plus de 780 000 personnes en cinq ans, ce que la droite au passage omet de signaler actuellement dans le débat des primaires. On peut toujours dire que le mandat de Sarkozy a été traversé par la plus grave crise financière et économique de l’après-guerre. Mais il est tout aussi possible de répondre que c’est Hollande qui en a connu les effets. Voilà bien de quoi renvoyer dos à dos les deux prétendants à l’Elysée.

En matière de compétitivité de la France à l’égard du reste du monde, ni droite ni gauche ne font non plus la différence. L’économie française n’est certainement pas moins compétitive aujourd’hui qu’elle ne l’était il y a 5 ans. Mais elle ne l’est pas plus avec le CICE. Le solde extérieur français reste déficitaire, autour de 24 milliards d’euros au titre de l’année 2015. Pourtant, nous nous trouvons actuellement dans ce que l’on désigne comme l’alignement des planètes, avec un euro faible favorable aux exportations, des cours du pétrole au plancher réduisant d’autant la facture énergétique, des taux d’intérêts historiquement bas propices à l’investissement. Mais rien n’y fait. La France ne vend pas plus aujourd’hui au reste du monde que par le passé.

Les candidats aux primaires de droite ont bien-sûr des solutions pour qu’il en soit différent dans un avenir très proche. A gauche aussi des voix se font entendre sur le sujet, partagés entre ouverture à l’internationale et quelques appétences protectionnistes. Mais pour l’essentiel, rien de nouveau sous le soleil. Sur ce sujet, comme pour bien d’autres, les débats sont stériles. Il est pourtant urgent qu’à gauche comme à droite un projet soit dessiné à propos de l’emploi et de la compétitivité en France. Le Front National en effet est en embuscade.

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Décryptage du lobby bancaire avec le livre de Jézabel Couppey-Soubeyran, Blabla Banque, Le discours de l’inaction

Blabla Banque et le lobby bancaire

Dix ans bientôt après la crise bancaire de 2007, force est de constater que les intentions de réguler le système bancaire se sont dissipées sans effet. Il y a eu certes des volontés politiques mais celles-ci sont restées dans les discours. Est-ce parce que les acteurs concernés, banquiers en tête, n’ont rien compris à la crise qui les a secoués ? Certainement pas, bien au contraire. C’est justement certaines failles du système bancaire révélées par les secousses financières et économiques de 2007 et 2008 que les grandes banques et leurs représentants cherchent à faire taire. Il existe ainsi aujourd’hui un discours des banquiers destiné à éviter à tout prix toute forme de contrainte réglementaire d’ampleur les concernant. L’ouvrage de Jézabel Couppey-Soubeyran, Maître de conférences à l’Université Paris I, intitulé « Blabla Banque, Le discours de l’inaction », est intéressant à ce titre, s’agissant d’une déconstruction de la rhétorique bancaire. L’auteure met en évidence les stratégies du lobby bancaire pour influencer les choix politiques.

La réglementation est brandie comme un frein à la croissance économique par des banques bien plus menaçantes que prévenantes sur le sujet. En effet, le secteur bancaire prétexte un rationnement fort du crédit pesant sur l’investissement, donc sur l’activité future, compte tenu de coûts plus élevés liés à une réglementation prudentielle plus forte. Les banques acceptent mal que leur soit imposée une plus grande sécurité par le bais des exigences croissantes de fonds propres. Il s’agit ici, selon l’auteure, de l’emploi d’une technique argumentaire classique : le remède serait pire que le mal. Le  lobby bancaire sait également mettre en scène tel ou tel ajustement réglementaire en le qualifiant d’inutile, s’appuyant sur des prétendues lois du marché s’accommodant fort mal avec toute forme d’interventionnisme. Rien de mieux donc pour maintenir le statu quo que de faire d’une évolution la source d’une angoisse ou d’un mépris. Le conservatisme est le crédo du lobby bancaire puisqu’il s’agit de préserver une position dominante. Les leçons de la crise financière ont été très bien apprises puis retenues. La finance dans son ensemble a pris une ampleur considérable dans le champ économique qu’elle ne veut pas perdre. Son omniprésence, nous explique l’auteure, n’en est pas moins improductive pour l’économie réelle, en captant toujours plus de richesse créée sans impact  sur la production globale. En outre, la financiarisation sans limite de l’économie génère des mastodontes bancaires représentant finalement des risques systémiques dangereux pour tout le monde.

Une fois le discours du lobby bancaire déconstruit, Jézabel Couppey-Soubeyran émet des idées pour que les choses changent. Selon elle, il faudrait déjà accorder plus de poids aux superviseurs, notamment avec des rémunérations attractives pour que la surveillance bancaire ne soit plus le parent pauvre du secteur financier, pour attirer entre autres les jeunes talents. Il conviendrait également d’accorder au régulateur la capacité d’orienter l’activité des banques vers le financement des crédits. Les établissements bancaires n’ont pas l’excuse d’un assèchement de leurs liquidités puisque la banque centrale a rarement été aussi généreuse en la matière. Les liquidités abondent aujourd’hui en Europe, mais elles servent trop peu la production, donc l’emploi. La politique monétaire expansionniste mise en œuvre bénéficie quasi-exclusivement aux marchés financiers et immobiliers. En d’autres termes, la finance aujourd’hui s’autoalimente avec la banque centrale, comme si elle se coupait encore un peu plus de l’économie réelle. On comprend alors avec Jézabel Couppey-Soubeyran que la régulation du secteur bancaire est le passage obligé pour que la finance soit à nouveau au service de l’économie, et non plus un espace protégé dont bénéfice quelques-uns au détriment du plus grand nombre.

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Margin Call, un film de Jeffrey C. Chandor, ou retour sur les heures précédant la crise des subprimes

Margin Call et la crise des subprimes

Margin Call est un film remarquable. Il nous plonge au cœur du fruit pour en découvrir le ver à propos de la finance. L’histoire se situe durant les heures précédant l’une des plus grandes catastrophe financière de l’histoire économique. Pour cause, les protagonistes sont les déclencheurs de la crise des subprimes. Ils appartiennent à une équipe de traders découvrant que le portefeuille financier dont ils ont la gestion, parce qu’adossé à des crédits hypothécaires américains, présente des risques démesurés par rapport aux capacités financières de leur employeur. Si rien n’est fait, c’est la faillite de leur établissement. La seule chance de sauver la banque d’investissement qui les emploie est de vendre ce qu’elle possède, tout en sachant que cela ne vaut plus rien. C’est là l’attrait du film que de mettre en évidence des contradictions fondamentales du monde financier. Sous cette perspective, les marchés financiers que la pensée dominante et affairée par les performances boursières présente volontiers comme efficients, ne sont en réalité que des châteaux de sable. Il n’est d’ailleurs pas anodin que l’un des personnages principaux, une fois exclu de la sphère financière par ses pairs, se souvienne avoir construit dans sa jeunesse un pont. A quoi bon en effet brasser des sommes astronomiques pour finalement conduire un système à sa perte, emportant toute l’économie dans la tourmente. Un pont est bien plus solide que tous les édifices de la haute-finance, aussi complexes soient-ils.

Margin Call nous fait comprendre que les marchés financiers sont la rencontre d’une foule d’aspirations  individuelles mais qu’en rien ils ne sont le produit de l’intérêt général. Lorsque le patron de la banque d’investissement dont il est question dans le film décide de vendre toutes les positions existantes en portefeuille, il sait pertinemment, et ses collaborateurs avec lui, qu’il va déclencher une crise systémique. Mais comme le marché au moment de sa décision n’est pas encore informé de l’ampleur du désastre financier à venir, il peut encore escompter réduire ses pertes en les faisant payer pour partie par les autres. Le marché, à défaut d’information sur la situation réelle,  attribue une valeur à ce qui déjà ne vaut plus rien. C’est ainsi qu’il est possible de disséminer des pertes colossales sur les marchés, qui plus est sur toute la planète du fait de l’hyper connexion des acteurs et autres investisseurs financiers.

Margin Call n’est jamais caricatural. Jeffrey C. Chandor, le réalisateur, évite ce travers que l’on trouve bien souvent dans les fictions sur la haute finance avec des personnages sur-joués et des ambiances hystérisées à souhait. Certes, on retrouve dans Margin Call le financier cynique et sans scrupule, le trader expérimenté et désabusé, le jeune loup sifflant ses collaborateurs pour les réunir, le débutant prodige découvrant l’étendue de la catastrophe à venir et tirant la sonnette d’alarme, un autre collaborateur tout aussi jeune et déjà aussi cynique que ses supérieurs…Le film de Chandor échappe donc au traitement conventionnel du sujet en étant aussi et surtout une profonde réflexion sur l’existence. La question du sens de la vie est en arrière-fond de cette histoire portant sur un milieu où tout semble calculé, où le profit apparaît comme la finalité indépassable et déterminante pour chacun y participant, où les considérations personnelles n’ont que très peu leur place dans cet environnement. Mais dès lors qu’un système commandant tout, gouvernant les opinions comme les comportements, s’effrite, un nouvel espace se crée prêt à tout engloutir. Margin Call nous fait entrevoir un trou s’ouvrant sous les pieds des protagonistes et qui n’a rien de financier. Il y a ceux qui s’accrochent à la façade pour ne pas y tomber, comme le patron de la banque qui vend tout, peut-être moins pour tout perdre que de préserver ce pourquoi il existe. Et il y a les autres qui n’ont pas d’autre choix que de basculer dans le vide en étant brutalement renvoyés de leur établissement. S’agit-il pour autant d’une chute ? Margin Call suggère que plus d’humanité attend au bout de la descente celles et ceux qui y ont été entraînés.

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Quand le Front National cherche à rentrer dans le rang pour prendre le pouvoir

Front National et la présidentielle de 2017

On ne naît pas de gauche ou de droite, on le devient. Est-il possible d’emprunter à Simone de Beauvoir sa célébrissime réflexion à propos de la condition féminine pour l’appliquer à la formation des opinions politiques ? Ou alors être de gauche ou de droite ne pose pas question, l’étant par déterminisme familial, social, historique ? Toujours est-il que lorsqu’il s’agit questionner son appartenance politique, il n’est pas aisé d’expliquer pourquoi on est de gauche ou de droite alors même qu’avant de s’interroger c’était là une évidence sans appel. Pour répondre, il est toujours possible de mettre en avant quelques valeurs, comme la justice, l’égalité, la liberté, la solidarité, que représenterait tel ou tel camp, ce qui ainsi justifierait notre adhésion. Pour autant, les lignes entre les courants politiques ne sont pas si nettement tracées comme on pourrait le penser. C’est d’ailleurs pour cela qu’il peut arriver à tout à chacun, un jour, de voter différemment des fois précédentes, au nom des mêmes valeurs. Cependant, votant à rebours de ses habitudes, très vite apparaît le sentiment de s’être exprimé contre quelque chose en soi, et non d’avoir adhéré pleinement par choix. Interrogé le cas échéant sur le sens de ce vote, tout de suite il est nécessaire de se justifier, comme s’il fallait s’excuser d’avoir rompu avec une opinion traditionnelle nous dépassant. C’est que la politique est tout autant une construction qu’une très longue suite d’héritages.

Sur le plan individuel, il est difficile de distinguer comment se forme et évolue une opinion politique, entre déterminisme et libre-arbitre. Existe-t-il des valeurs universelles nous touchant chacun sans qu’il soit possible d’y échapper, des a priori si malins et humbles pour nous laisser penser que nous sommes maîtres en notre demeure ? Répondre à cette question est plus du domaine philosophique que relevant de la démonstration scientifique. Un individu se réclamant de gauche ou de droite ne sera jamais dire de quand date précisément son orientation, tout juste répondra-t-il en faisant référence à une époque de sa vie, ou alors se justifiant avec une ou plusieurs rencontres qu’il considère déterminante dans son choix. Sous l’angle collectif, les contours politiques sont par contre plus précis. En effet, toute société est fondamentalement divisée en deux ensembles politiques, formant ainsi le bipartisme. Peu importe la dénomination de chacun des appareils, gauche, droite, républicains, démocrates, ou la couleur empruntée, du rouge au bleu, en passant pourquoi pas par le blanc . La structure politique est toujours bipolarisée. D’un côté, un camp, de l’autre, un autre…

Au bipartisme structurel qui conditionne la vie politique, certains s’y opposent, tandis que d’autres cherchent à dépasser cette constante. Ceux-ci peuvent être très minoritaires et ne pas être capables de renverser l’ordre établi. Les anarchistes par exemple refusent toute structuration politique sous une forme institutionnelle, mais ils n’existent qu’au travers de ce refus sans jamais être en mesure de s’imposer. D’autres se présentent également comme différents des gardiens du système sans pour autant chercher à condamner le bipartisme. En son temps, les centristes ont clamé haut et fort qu’en rien ils ne ressemblaient ni à la gauche, ni à la droite française. Ils n’ont cependant jamais réussi à se constituer en une force politique exclusivement au centre. Il y a toujours eu un centre-gauche et un centre-droit. Sans aucun autre rapport avec le centre, le Front National s’est également essayé à renvoyer l’image d’une force hors de tout système convenu. Marine Le Pen a employé à tour de bras l’argument du FN contre l’UMPS. Autrement dit, elle condamna le bipartisme en vigueur…pour tenter d’en créer un nouveau.

Le Front National a aussi été rattrapé par une forme d’atavisme collectif empêchant les électeurs de renverser avec les urnes ce qu’ils ont toujours connu. Le parti d’extrême-droite a certes réalisé ces dernières années des performances électorales, tant au niveau national que local, mais il n’est pas parvenu à briser ce que l’on figure désormais comme un plafond de verre à son propos, à savoir prendre le pouvoir alors qu’il en est toujours plus proche à chaque scrutin. Il n’est donc pas surprenant que Marine Le Pen essaie aujourd’hui d’imposer son parti sur l’échiquier politique tel qu’il existe depuis longtemps, et non plus chercher à le renverser. Manifestement, le Front National s’efforce de rentrer dans le rang pour prendre le pouvoir.

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L’impact de l’immigration sur l’économie française

L'immigration et la France

L’immigration est bien souvent débattue en France selon des considérations qui renvoient plus aux phantasmes qu’à la réalité. La prochaine campagne présidentielle ne sera certainement pas exonérée de toutes les mystifications à son propos, avec comme toujours le populisme s’emparant de la question pour accroître son fonds de commerce électoral avec des énoncés aussi imprécis que médiocres. Il n’est donc jamais inutile de préciser, observation à l’appui, ce qu’il en est de l’immigration en France.

Sur les 190 000 personnes immigrées qu’accueillent en moyenne la France par an, le nombre de réfugiés politiques atteint 10 000 personnes, es immigrés motivés par le regroupement familial sont 80 000 en moyenne, les étudiants étrangers quant à eux représentant 60 000 personnes. En outre, la moitié des personnes immigrant en France sont des européens, tout aussi diplômés que les français.

Le solde migratoire annuel en France, soit la différence entre le nombre de personnes immigrants et  celles quittant l’Hexagone pour s’installer à l’étranger, est de 90 000 personnes, ce qui représente 1,5 pour mille de la population française. Ce taux est l’un des plus faibles parmi les pays riches. La France est ainsi loin d’accueillir toute la misère du monde. Les thèses à propos du Grand remplacement sont toutes aussi farfelues les unes que les autres.

Les personnes immigrées ne prennent pas non plus l’emploi des français comme certains courants politiques le prétendent. Toutes les études montrent que l’immigration n’entraîne pas d’augmentation du taux de chômage national, et cela pour principalement pour deux raisons. Premièrement, en consommant en France, les immigrés accroissent la demande, et donc l’emploi. Il peut s’agir aussi bien d’emplois créés par les personnes immigrées elles-mêmes, dans le commerce ou l’artisanat par exemple, comme de postes supplémentaires dans les institutions et administrations publiques compte tenu de l’accroissement de la population. La deuxième raison est liée à la segmentation du marché du travail. Les emplois difficiles et les moins bien payés, comme dans le bâtiment, la restauration, ou encore le nettoyage, sont biens souvent occupés par des personnes immigrées. Les français se tournent vers des emplois mieux rémunérés, principalement dans les services. Une étude montre qu’avec l’immigration, les français ont augmenté leurs revenus de 3% sur les 30 dernières années.

Lier systématiquement l’immigration et la hausse des dépenses publiques est également une ineptie qui ne survit pas à l’épreuve des chiffres. Les personnes immigrées rapportent plus de taxes qu’elles ne coûtent, comme en 2005 avec un solde budgétaire positif de 12 milliards d’euros représentant 0,5% du PIB. En effet, la majorité des immigrés sont en âge de travailler et donc ne complètent pas des classes d’âge pour lesquelles naturellement le solde budgétaire est négatif : les jeunes avec l’éducation, les personnes âgées avec les retraites et les soins de santé. Les immigrés importent en France une éducation et une formation qui n’est plus à financer. En outre, l’immigration est positive sur les finances publiques compte tenu du dynamisme démographique qu’elle provoque. Une augmentation du nombre de migrants pourrait d’ailleurs financer une partie des futures pensions de retraite…

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Quand Alain Juppé risque de perdre les primaires face à Nicolas Sarkozy

Juppé et Sarkozy aux primaires de la droite et du centre

La droite française serait-elle déjà au bord de l’implosion ? Alors que les candidatures aux primaires du parti Les Républicains viennent à peine d’être validées, les divisions s’amplifient entre les concurrents, plus particulièrement entre Sarkozy et Juppé. Les deux hommes en sont désormais réduits à s’opposer par petites phrases interposées, le premier cherchant à faire passer le second comme trop timoré face aux enjeux nationaux, le second visant le populisme du premier comme catalyseur d’un débat s’enfonçant, selon ses propos, dans la nullité. Manifestement, la compétition est en train de se transformer en affrontement. Cela n’augure rien de bon à droite. On sait que le plus difficile avec l’exercice des primaires, ce n’est pas de les organiser, mais de les conclure en rassemblant autour du vainqueur. A ce stade du processus, on voit difficilement qui peut rallier sur sa personne toutes les tendances, tant le débat entre les prétendants à l’investiture a pris une tournure aux contours haineux.

Sarkozy et Juppé sont-ils si différents que cela pour s’opposer à ce point ? Ils sont bien-sûr au centre d’une rivalité que l’on trouve classiquement au sein d’un même parti lorsque s’y rencontrent deux fortes personnalités. Mais cette concurrence courante au plus haut niveau n’est pas indépassable. Les primaires servent justement à cela, à départager démocratiquement les oppositions internes et non plus, comme par le passé, avec des jeux d’influences obscurs. A gauche, en 2011, la compétition était vive entre François Hollande et Martine Aubry. Elle a pourtant été levée le soir du second tour des primaires avec une union au moins affichée, c’est déjà çà, et le parti socialiste s’est rassemblé autour de François Hollande pour la campagne présidentielle. On a du mal aujourd’hui à s’imaginer Alain Juppé et Nicolas Sarkozy se retrouver ensemble, ne serait-ce que pour la photo, le soir des résultats pour saluer celui qui sera investi pour représenter la droite à la course pour l’Elysée.

La politique, en plus d’animer les rivalités, est la confrontation de tempéraments. Force est de constater que sur ce point, Sarkozy et Juppé sont antinomiques. On pourrait penser cela comme anecdotique. Mais il n’en est rien. Dans une société de l’image telle que la nôtre, la façon d’incarner le pouvoir est devenue déterminante dans tout processus électif. On peut le regretter mais c’est ainsi, la forme bien souvent l’emporte sur le fond, la communication sur les idées. Toujours est-il que la différence de style entre Sarkozy et Juppé ajoute encore de la distance entre les deux hommes qui réduit d’autant la possibilité d’un rapprochement futur. Mais nul ne peut présager de l’avenir et la politique n’en finit jamais de surprendre…

Sur le plan des idées, Sarkozy a pris un chemin identitaire, Juppé l’a suivi. Même si ce dernier s’exprime différemment à ce propos, parlant d’identité heureuse, on a le sentiment qu’il court après son concurrent sur le sujet. Pourtant, sur la communauté nationale à laquelle renvoie le dont il est question avec le thème de l’identité, Juppé se positionne bien différemment de son adversaire, préférant l’intégration à l’assimilation concernant les personnes d’origine étrangère vivant sur le sol français. La divergence est de taille puisqu’il n’y est pas seulement question de reconnaissance nationale, mais également de vie culturelle. Pourquoi donc Alain Juppé n’a-t-il pas imposé la culture contre l’identité dans le débat actuel ? Craint-il en s’engageant plus en avant sur le terrain des idées de déclencher une bataille idéologique bien plus dangereuse à terme pour son camp qu’une simple confrontation de style ? Si tel est le cas, Juppé risque fort bien de perdre les primaires en se laissant enfermer par Sarkozy dans la forme. Il ne suffit pas au maire de Bordeaux de dénoncer la nullité du débat en visant son adversaire. A lui de l’élever pour espérer l’emporter.

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La faute morale de Nicolas Sarkozy et de Donald Trump à propos de leur imposture climatosceptique

Sarkozy et Trump climatosceptiques

La responsabilité politique ne s’arrête pas aux portes du pouvoir. Tout candidat à une fonction élective, de par ses propos et la teneur de son discours, est responsable avant même d’être élu. Il contribue au débat public, il participe au mouvement des idées, à la formation d’une opinion publique. Cette responsabilité est aussi d’autant plus forte que l’objet politique concerné porte sur des enjeux qui dépassent les frontières. Que dire donc du scepticisme que certains emploient ces derniers temps en remettant en cause la causalité entre l’activité humaine et le dérèglement climatique. Certes, ce ne sont là que des discours, mais lorsqu’ils sont prononcés par certaines personnes à certains moments, leur relai est très aisé dans l’opinion et très vite ils pèsent sur les actions en cours et à venir.

On pouvait croire le climatoscepticisme définitivement révolu après que les Etats réunis à Paris en décembre dernier se soient accordés sur des principes volontaristes et restrictifs visant la préservation du climat. La COP21 a en effet été un grand succès diplomatique et le signe de l’entrée dans une ère nouvelle enfin soucieuse et respectueuse de l’environnement. Mais au stade actuel du processus, les avancées restent fragiles, la ratification des accords par les pays négociateurs n’étant pas encore achevée pour que les premières mesures soient effectives. Quel que soit le contrat, la prudence est toujours de mise entre la promesse et la signature. Que dire alors des postures prises aujourd’hui par certains et qui implicitement contestent le bien-fondé de l’entreprise mondiale en marche pour lutter contre le dérèglement climatique ? Irresponsabilité ! Voilà bien ce qui les caractérise ceux-là même qui appellent à prendre des responsabilités dans un futur proche et qui contribuent au renouveau du climatoscepticisme.

En France, Nicolas Sarkozy a pris le parti de susciter le doute concernant les conséquences de nos actes sur le climat. Il fût pourtant, il n’y a pas si longtemps, le défenseur d’une écologie française responsable, et l’artisan du Grenelle de l’environnement lors de son précédent mandat à l’Elysée. Mais comme le dit l’expression désormais consacrée, ça c’était avant ! Aux Etats-Unis, Donald Trump, qui peut-être sera le prochain président, promet de remettre en cause les accords de Paris s’il est élu à la Maison-Blanche. Les Etats-Unis sont pourtant l’un des pays les plus pollueurs qui soit, et l’on sait très bien qu’un accord mondial sur le climat serait boiteux dans le cas où la première puissance économique du monde n’y participait pas. Alors, Sarkozy, Trump, chantres d’un nouvel ordre écologique où l’homme est déresponsabilisé vis-à-vis de la nature ? Même pas, et c’est peut-être cela le pire dans cette histoire. Les deux candidats ont pris une posture, voire une imposture, et non un positionnement idéologique, pour des impératifs électoralistes. Ils se sont en quelle que sorte approprier la lutte contre le réchauffement climatique à des fins personnelles. Leur irresponsabilité sur cette question dépasse le cadre même des élections à venir. C’est d’ores et déjà une faute morale quel que soit le résultat des élections à venir.

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Quand l’UNEDIC s’invite dans la campagne présidentielle en annonçant une hausse du chômage en 2017

Hollande et l'inversion de la courbe du chômage

François Hollande a fait de l’inversion de la courbe du chômage l’enjeu principal de son mandat et la condition de sa candidature à la prochaine élection présidentielle. Alors que les chiffres de l’emploi concernant 2016 tendent à confirmer, certes dans des proportions modestes, que le président a atteint son objectif, l’UNEDIC vient de doucher froidement toute autopromotion élyséenne sur le sujet. L’association en charge de la gestion de l’assurance-chômage vient d’annoncer que le chômage repartira à la hausse en 2017. Il s’agit là bien-sûr d’une prévision, en conséquence la prudence est de mise. Des réactions se sont d’ailleurs fait entendre, notamment du côté de l’OFCE, sur une estimation jugée trop pessimiste des perspectives d’emploi par l’UNEDIC. La prévision n’étant pas une science exacte, le débat n’est jamais très loin. De plus, dans un environnement économique où l’évolution du chômage est très sensible à toute variation du PIB, aussi minime soit-elle, difficile de dégager une tendance de fond qui fasse consensus auprès des experts. Mais là n’est pas la question, ce n’est pas d’expertise consensuelle dont a besoin François Hollande, mais de crédibilité pour asseoir avec force sa prochaine candidature.

Le message de l’UNEDIC, contestable ou pas sur un plan prévisionnel, n’apporte pas d’eau au moulin du président actuel. Les chiffres bien souvent s’effacent devant le sentiment de l’opinion publique, sentiment qui se nourrit plus facilement d’annonces que de statistiques. La communication de l’UNEDIC risque fort bien de peser dans l’esprit collectif en laissant l’image d’un président qui a échoué sur le front du chômage même si, rappelons-le, les évolutions des derniers mois démontrent le contraire. Parler de réussite à ce propos serait certainement exagéré, mais accuser François Hollande d’avoir échoué serait totalement inapproprié.

Il est fort à penser que bientôt le président laissera la place au candidat pour entrer dans la campagne à venir. Espérons que son entrée élèvera le niveau des débats actuels pour le moins englués dans des palabres sécuritaires et identitaires. Il est urgent de parler du chômage et de ses causes. Au-delà des prévisions de l’UNEDIC, il est intéressant de comprendre ce qui explique que l’emploi peine à progresser durablement en France. Il y a bien-sûr des phénomènes conjoncturels qui pénalisent le travail, comme le Brexit actuellement en créant un climat d’inquiétude défavorable au dynamisme économique. Mais ce qui relève de la conjoncture par définition n’explique pas le chômage structurel. L’économie française structurellement ne produit pas suffisamment d’emplois pour que soient absorbées chaque année toutes les entrées dans la population active. Le dynamisme démographique de la France des dernières décennies peine à se transformer en emploi. Ce constat met surtout en lumière la nécessité pour notre économie à s’adapter, à évoluer, à innover. Autant d’enjeux fondamentaux, qui conditionnent le vivre-ensemble, et pourtant à mille lieux des propositions et autres considérations qui cristallisent actuellement le débat public.

La route est encore longue avant l’élection présidentielle, les discours peuvent évoluer. Mais concernant la droite il est permis d’en douter. Sarkozy a décidé d’emmener son camp sur le chemin identitaire, en défendant la vision d’une France profondément enracinée mais aussi implicitement exclusive. Peut-être se perdra-t-il en route. Quant à François Hollande, on se doute qu’il rejoindra prochainement la compétition élyséenne, même s’il faut attendre fin janvier 2017 le résultat des primaires socialistes pour en avoir confirmation. Gageons tout de même que son entrée dans la campagne fasse évoluer le débat sur la faculté de notre société à trouver une place à tous au sein de la population active, au lieu de chercher des arguments pour exclure. Il est aussi permis d’espérer encore avec la gauche.

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Le pari risqué de Sarkozy vis-à-vis du Front National pour la prochaine élection présidentielle de 2017

Sarkozy et le Front National

Sur le principe, les primaires donnent plus de souffle à la démocratie en permettant à celles et ceux qui le souhaitent de désigner un candidat aux prochaines élections présidentielles. Par contre, rien ne garantit la qualité des débats s’inscrivant dans ce moment démocratique. En 2011, l’exercice des primaires avait plutôt été profitable à la gauche car le parti socialiste était prêt à débattre sur des sujets de fond. Il est vrai qu’une décennie dans l’opposition laisse le temps de se préparer. Aujourd’hui, la gauche au pouvoir est en déliquescence, la personnalité du président en exercice l’emporte sur les idées, des candidatures se sont déclarées mais celles-ci semblent plus employées pour une projection vers 2022 que pour nourrir le débat de fond…

A droite, d’idées il est question mais nullement de vision. Pour preuve, bon nombre de candidats n’ont rien d’autre à promettre que le repli sur soi, s’enfermant dans des considérations identitaires pour mieux chasser sur les plates-bandes du Front National. Nicolas Sarkozy en tête de meute fait partie de ces chasseurs. En 2007, cette tactique a payé. Sarkozy est devenu président en intégrant quelques thèses frontistes à son discours. Mais dix ans plus tard, la configuration est toute autre. Marine Le Pen est désormais à la tête du Front National avec l’intention de prendre le pouvoir, ce qui n’était pas le cas de son père en 2007. Elle a su également entre-temps écarter Jean-Marie Le Pen de la direction du parti, lui qui était devenu trop encombrant pour lisser l’image d’une force politique en quête de dédiabolisation et de respectabilité. Enfin, le Front national a renversé le bipartisme pourtant ancré depuis plusieurs décennies dans le paysage politique français. Les frontistes ont gagné nombre de scrutins locaux même s’ils n’ont pas su briser le plafond de verre pour l’emporter dans de grandes collectivités territoriales.

Il y a fort à parier que Marine Le Pen sera au second tour de la prochaine présidentielle. La triangulaire n’étant pas permise, elle sera obligatoirement opposée à un représentant de gauche ou de droite. Cette perspective rend d’autant plus importantes les primaires à venir, avec le sentiment que celui ou celle qui à droite en sortira vainqueur sera de facto le prochain Président de la République. Ainsi, quand Nicolas Sarkozy se fait l’écho de propositions qu’affectionnent l’extrême-droite, on se doute que c’est pour mieux contrer son principal adversaire du moment, Alain Juppé. Celui-ci en effet représente la droite et le centre. Sarkozy quant à lui a choisi le chemin inverse, en cherchant à incarner la droite et la droite-extrême. Les prochaines primaires serviront donc à déterminer une candidature pour les présidentielles, mais aussi à savoir si la droite française aujourd’hui est plutôt proche du centre ou de la droite-extrême. Quant au scrutin présidentiel de 23 avril et du 7 mai 2017, il nous dira si Sarkozy, en reprenant à son compte certaines idées frontistes, aura réussi à étouffer le Front National ou s’il lui aura permis d’être plus fort qui ne l’est d’ores et déjà.

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Amende record pour Deutsche Bank, ou quand la justice américaine fait trembler l’Europe financière

Deutsche Bank et l'amende record avec la justice américaine

Deutsche Bank est dans la tourmente. Après des résultats mitigés concernant les tests menés dernièrement par l’Autorité Bancaire Européenne sur la solidité des principaux établissements bancaires en Europe, la célèbre banque allemande est aujourd’hui poursuivie par la justice américaine. Celle-ci lui reproche son rôle dans la crise des subprimes et elle pourrait lui faire payer cher, très cher ! Les premières informations font état d’une amende de 14 milliards de dollars qui serait potentiellement réclamée par la justice américaine. Même si ce montant n’est pas définitif et à priori revu à la baisse une fois les négociations engagées entre les parties, le coup est très dur pour Deutsche Bank. La justice américaine en effet n’est peut-être pas prête à des concessions majeures. On se souvient que récemment BNP Paribas a fait les frais d’une intransigeance des autorités américaines à l’égard des mastodontes financiers dont le comportement est reconnu douteux.  L’amende s’est élevée à près de 9 milliards de dollars, un record pour un établissement européen que pourrait bien dépasser Deutsche Bank.

Les Etats-Unis et l’Europe n’ont pas réagi de la même façon à la crise financière de 2007 parce que ses effets n’ont pas été les mêmes de part et d’autre de l’Atlantique. Aux Etats-Unis, c’est le citoyen américain qui personnellement a été la victime d’un système spéculatif, alors qu’en Europe ce sont les contribuables dans leur ensemble qui ont mis à contribution pour solder les pertes bancaires. C’est là certainement la raison principale qui explique des réponses différentes à la crise entre les Etats-Unis et l’Europe. Les premiers se sont engagés à sanctionner individuellement les établissements responsables, marquant ainsi au fer rouge les banques peu scrupuleuses pour que le citoyen américain personnellement touché ait conscience que justice ait été faite. Les instances européennes quant à elles ont abordé la responsabilité des banques sous un angle plus collectif afin que le contribuable n’ait plus à mettre la main à la poche dès lors que le système bancaire est en sérieuse difficulté. L’union bancaire créée dernièrement et le système de supervision des banques mis en œuvre depuis visent à encadrer l’exercice du métier de banquier, à prévoir également les dispositifs de sauvegarde des banques sans que les Etats à l’avenir soient appelés au sauvetage des établissements en perdition. La flambée des dettes souveraines en Europe à partir de 2010 est passée par là…

Deutsche Bank a contribué à l’emballement spéculatif d’une partie de la finance internationale, en vendant massivement des produits très risqués sans en informer les investisseurs. Pire, Deutsche Bank dans le même temps prenait des positions financières à l’inverse de ce qu’elle conseillait à ses clients, anticipant que le marché immobilier américain sous-jacent des montages financiers et des titrisations en série s’effondrerait. Ne renversons donc pas les rôles. Deutsche Bank n’est pas la victime d’une justice américaine par trop vengeresse. Sa responsabilité est forte dans le désastre financier qui a touché l’économie mondiale. Pour autant, faut-il sanctionner une entreprise jusqu’à la mettre en danger ? Dans le cas de Deutsche Bank, c’est bien la survie de l’établissement qui est en jeu selon la décision qui sera rendue par les autorités américaines. Si la banque devait être condamnée à verser plus de 10 milliards de dollars, elle se trouverait dans l’obligation de se recapitaliser, donc de demander à ses actionnaires de remettre la main à la poche. Pas sûr que les investisseurs l’entendent de cette oreille. L’affaire reviendrait alors sur le terrain politique car Deutsche Bank, en plus d’être un acteur majeur de l’économie allemande, est un établissement de nature systémique. Sa perte entraînerait l’ensemble du système bancaire dans de sérieuses difficultés. Autrement dit, l’Europe financière voit son sort en partie suspendu au verdict de la justice américaine. On ose espère que la récente amende infligée par la Commission européenne à Apple, pour un montant de 13 milliards d’euros, n’interféra pas dans l’affaire qui oppose Deutsche Bank et les autorités judiciaires des Etats-Unis.

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Quand Donald Trump inquiète les Etats-Unis et le monde en frappant aux portes de la Maison-Blanche

sTrump et la prochaine présidentielles aux Etats-Unis

La realpolitik rattrape bien souvent les candidats politiques une fois qu’ils sont élus. Elle est alors mal perçue par les électeurs car elle suppose de renoncer à toute ou partie d’un programme électoral sur lequel les voix ses sont exprimées. Avec la candidature de Donald Trump, on assiste à un fait original à ce propos. Avant même d’avoir mis les pieds à la Maison Blanche, le représentant des Républicains a déjà fait marche arrière sur bon nombre de ses propositions de départ, la réalité politique semblant l’avoir déjà rattrapée. Dernièrement Trump s’est rendu à Mexico pour dire tout le bien qu’il pensait du peuple mexicain. On l’avait pourtant connu très virulent à propos des immigrés en provenance du Mexique et présents sur le sol américain, projetant même de construire un mur entre les Etats-Unis et le territoire mexicain pour interdire tout flux migratoire entre les deux pays. Manifestement, le mur s’est effondré avant même d’être édifié, ce dont on peut se féliciter.

Sur le terrain économique, les propositions de Trump se sont aussi quelque peu adoucies. Initialement, le candidat républicain prônait une baisse importante de la fiscalité, faisant des impôts le responsable de tous les maux économiques. Mais Donald Trump a fini par annoncer que la fiscalité ne serait plus si douce que cela une fois qu’il serait président des Etats-Unis. C’est que les caisses de l’Etat ne font pas forcément bonne résonnance des promesses non financées. Certes, il est toujours possible de recourir à l’emprunt pour payer ce que les recettes fiscales ne suffisent pas à couvrir. Depuis des décennies, les Etats-Unis ne sont pas privés de cette ressource, ces derniers temps grâce à la Chine. Celle-ci en effet achète de la dette américaine dans des proportions très importantes, disposant ainsi de précieuses réserves de change lui permettant d’intervenir massivement sur les marchés et donc de sous-évaluer sa monnaie pour être plus compétitive. L’endettement américain fait les affaires de la Chine, mais d’une façon générale les américains sont devenus plus méfiants vis à vis de la dette après que les Etats-Unis aient été touchés par l crise des subprimes. Les saisies immobilières sont encore dans les esprits. L’adversaire d’Hillary Clinton dans la course à la Maison-Blanche sait certainement qu’il sera bien moins aisé de financer prochainement toute générosité fiscale d’ampleur.

Pour remporter les primaires républicaines, Donald Trump employa la peur et l’exclusion comme moteurs de son ascension politique. Il est vrai que le repli identitaire représente aujourd’hui un fonds de commerce juteux pour les partis de la droite extrême et de l’extrême droite, en Europe comme Outre-Atlantique. Trump a fait de l’exclusion un leitmotiv pour promet-il sauvegarder une certaine Amérique, avec entre autres le retour au protectionnisme. Il souhaite en effet que les importations soient taxées à plus de 20%. Le Mexique une fois encore est directement visé par cette proposition. L’est-il encore vraiment après la visite de Mexico ? Rien n’est moins sûr. Les produits chinois sont également concernés par les diatribes de Trump, alors même que la Chine, même essoufflée, reste un bailleur de fonds essentiel pour le financement de l’économie américaine. Autant dire que le programme économique du candidat républicain va à l’encontre des capacités financières des Etats-Unis. Voilà bien de quoi inquiéter les américains, mais aussi le monde, si Trump arrivait à ses fins.

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L’erreur de François Hollande à propos d’Emmanuel Macron

Macron, En marche, Hollande et les présidentielles de 2017

Emmanuel Macron est en marche. Vers quelle direction ? On ne le sait pas. L’ex-ministre de l’économie ne s’est pas déclaré à ce jour candidat pour la prochaine présidentielle. On ne connaît pour l’instant que le point de départ de son itinéraire proclamé : sa sortie à peine mise en scène de Bercy. Et désormais, il marche, parcourant la France, à la rencontre des françaises et des français nous dit son entourage selon la formule consacrée, pour les écouter nous précise ses proches, pour faire campagne murmure d’autres…Il ne fait guère de doute qu’Emmanuel Macron se présentera aux prochaines élections présidentielles. L’ex-locataire de Bercy s’est suffisamment engagé dans cette voie pour que son absence en 2017 de la compétition élyséenne soit désormais considérée comme une énorme surprise. « Un ministre, ça démissionne ou ça ferme sa gueule »nous avait dit en son temps Jean-Pierre Chevènement, démissionnaire par trois fois du gouvernement. Un ministre ça démissionne également pour prendre définitivement son envol politique en pensant qu’il est temps de réaliser un destin personnel. Dans une perspective freudienne, on pourrait dire qu’un ministre ça démissionne aussi pour assassiner le père, celui qui vous a fait prince mais dont seule la disparation vous permettra d’accéder aux fonctions suprêmes.

L’histoire entre François Hollande et Emmanuel Macron est un classique de la scène politique. On y trouve la séduction, l’ambition, la trahison. Tout débute avec un jeune conseiller fringuant et très talentueux qui s’attire les bonnes grâces du président jusqu’à lui être très proche. Les deux hommes forment alors un couple au sommet du pouvoir que beaucoup observent, avec admiration, parfois jalousement. Ce couple pourtant ne peut survivre que si perdure le rapport dominant, dominé, sur lequel il est fondé. Le roi en effet fait prince celui qui l’aidera dans l’exercice de son pouvoir tout en le contrôlant, le laissant à distance en l’autorisant à être à ses côtés. Il faut savoir donner pour mieux recevoir dit-on. La relation entre le roi et le prince fonctionne sur ce principe. Mais quelque fois le second cherche à conserver ce que le premier lui a donné. C’est à cet instant que se joue la survie du couple. Soit le roi réagit très vite et tue dans l’œuf toute velléité d’indépendance, soit il laisse au prince plus d’autonomie en pensant mieux le maîtriser encore. Ou il échoue, et la rupture devient la seule issue possible.

François Hollande a échoué à propos d’Emmanuel Macron. Cet éche1818c s’est nourri de plusieurs erreurs successives. La plus importante n’est pas d’avoir ouvert à son jeune conseiller les portes de Bercy, mais de lui avoir laissé la capacité de les refermer derrière lui quand il le souhaitait. C’est Emmanuel Macron qui a rompu le couple qu’il formait avec François Hollande en arrêtant le moment de son départ. Le prince ainsi prît l’ascendant sur le roi une fois qu’il décida de ne plus le servir. En s’éloignant du pouvoir, il en gagna. Reste à savoir maintenant qu’elles seront les effets de cette rupture pour François Hollande. Les prochaines présidentielles de 2017 nous le diront.

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Présidentielles 2017 : Hollande et Sarkozy face à face par primaires interposées

Sarkozy contre Hollande pour les présidentielles 2017

Les primaires à venir pour la prochaine élection présidentielle en France seront inédites aussi bien à gauche comme à droite. Même si en 2006, puis en 2011, les socialistes organisèrent ce mode de sélection pour désigner leur candidat, ils se trouvent cette fois-ci dans une configuration nouvelle. Pour la première fois, un président en exercice au moment de l’investiture se soumettra très probablement au vote des militantes et autres sensibilités de gauche. Pour la droite, la situation est également inédite avec un ex-président qui s’est déclaré dernièrement candidat à l’investiture. Ainsi, par primaires interposées, le duel Hollande-Sarkozy est à nouveau en marche, mais pendant combien de temps. La perspective d’un affrontement des deux hommes au second tour des présidentielles apparaît aujourd’hui peu probable. Même si rien n’est jamais joué d’avance, force est de constater que le Front National passera très certainement le premier tour. Cette perspective rend donc les primaires encore plus importantes qu’elles ne l’ont été par le passé.

Au sein des partis politiques, c’est d’ores et déjà le 1er tour des présidentielles qui se joue avant l’heure officielle. Il n’y a qu’à voir l’énergie, l’activisme, voire une certaine forme de frénétisme, développés par Nicolas Sarkozy depuis plusieurs mois, avant même de s’être déclaré officiellement candidat aux primaires de droite. François Hollande lui non plus n’est pas en reste. Il est déjà en campagne, différemment bien-sûr. Sa fonction présidentielle exige de lui une certaine réserve et son tempérament n’est pas celui de son principal adversaire. Hollande mesuré, certains diront mollasson, n’en est pas moins redoutable dès lors qu’il est en campagne électorale, tout comme l’est Sarkozy. Tous deux appartiennent à cette trempe d’homme politique aux ressources inépuisables pour la conquête du pouvoir, à la manière de Chirac et de Mitterrand, inusables dans l’effort et franchissant allègrement les cotes d’impopularité exprimées par les sondages. Il dégage alors une force sans pareille d’autant plus regrettable ensuite lorsqu’elle s’épuise une fois les portes de l’Elysée franchies. Quel gouffre entre le candidat et le président ! Certes, la fonction présidentielle n’est pas une partie de campagne, le projet doit devenir réalité. Mais tout de même, très vite on ne reconnaît plus le candidat que l’on a connu et parfois tant soutenu une fois celui-ci devenu président. Sarkozy a bien tenté au début de son mandat de rester le ministre hyperactif qu’il était et avait séduit la majorité des français. Cela n’a pas duré. Hollande quant à lui a essayé d’endosser les habits du président tout en restant « normal ». Cela n’a pas fonctionné. Tous deux sont devenus très rapidement méconnaissables, créant un malaise dans leur propre camp politique. Le pouvoir transforme les hommes qui le conquièrent mais ne le possèdent pas…

En novembre, nous connaîtrons le ou la candidate du parti Les Républicains à la présidentielle. Pour les socialistes, ce sera fin janvier 2017. Les états-majors fourbissent leurs armes. Ils sont surtout nombreux puisque plusieurs personnes sont candidates à la candidature. Et dire qu’une fois ces primaires terminées, l’union doit être de mise autour du vainqueur ! On peine à imaginer celle-ci tant l’exercice des primaires exacerbe les divisions au sein d’un parti. Ségolène Royal et Martine Aubry ne s’en sont pas encore totalement remises aujourd’hui. La première a depuis abandonné toute ambition présidentielle, tandis que la maire de Lille semble perdue dans une gauche contestataire qu’elle ne maîtrise guère. Gagner les primaires ne suffit pas à faire le ou la meilleure candidate, encore faut-il être capable non pas de rassembler autour de soi, mais de recoller les morceaux une fois terminé le scrutin interne. François Hollande a très bien su faire lorsqu’il a été investi par les militants et autres sensibilités de gauche. Il faut dire que l’homme avait une grande expérience du consensus après une décennie passée à la tête du Parti socialiste en tant que Secrétaire national. Nicolas Sarkozy lui, n’avait pas été contraint par ce délicat exercice de pacification au sein de son parti puisqu’il était le seul candidat à l’investiture lors des primaires organisées en 2007 par l’UMP. La donne est totalement différente aujourd’hui. Le parti Les Républicains aligne huit candidats sur la ligne de départ : Sarkozy, Juppé, Fillon, Kosciusko-Morizet, Le Maire, Copé, Mariton, Poisson. Rien que cela ! Bon courage à l’heureux ou l’heureuse élue pour rassembler ensuite. Bien-sûr, certains se rallieront très vite au candidat investi en visant un poste ministériel. Manuel Valls l’a très bien fait en son temps lorsqu’il apporta son soutien à François Hollande dès le soir du premier tour des primaires socialistes de 2011, on connaît la suite…Le nombre de compétiteurs socialistes pour le palais élyséen n’est pas définitivement établi à ce jour. Son locataire actuel ne sait pas encore déclaré au sujet de sa propre succession. Toujours est-il que pour François Hollande, les choses aussi ont bien changé depuis 2011. Le changement qu’il a promis tout au long de sa précédente campagne électorale est désormais un bilan. Et comme tout bilan en politique, bon ou mauvais, il s’agit bien souvent d’un boulet à porter pour tout candidat en fonction avant l’élection. Sauf que dans le cas de Hollande, compte tenu que les primaires ajoutent deux scrutins au processus électif pour la présidentielle, le boulet sera à traîner plus souvent, le rendant ainsi d’autant plus lourd.

Sarkozy contre Hollande prochainement dans vos bureaux de vote ? Peut-être. Rien n’est impossible avant que l’élection n’ait eu lieu, sinon il n’est plus question de démocratie. Ce que l’on sait déjà, c’est que ni l’un ni l’autre ne fait aujourd’hui l’unanimité dans son parti. Demain, les primaires nous diront s’ils disposent encore d’une majorité dans leur propre camp.

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