Quand la machine à produire de l’inégalité est en marche

Les inégalités entre capital et travail

Le débat sur la répartition des revenus entre le capital et le travail amène à se questionner sur la juste rétribution des facteurs de production. A ce titre, Thomas Piketty, économiste français auteur de l’essai Le Capital au XXIe siècle, n’imagine pas que les profits réalisés par les entreprises soient distribués en totalité au capital. Mais il ne dit pas que seul le travail doit bénéficier des revenus. La production a en effet tout autant besoin de capital que de travail, et les revenus sont destinés à les récompenser l’un et l’autre. La question n’est donc pas d’opposer capital et travail. Il s’agit plutôt d’établir un partage des revenus qui à la fois satisfassent les conditions d’un développement futur, les revenus d’aujourd’hui appelant les profits de demain, et soit juste socialement. Toute la difficulté se trouve dans cette conciliation entre optimum économique et justice.

Thomas Piketty explique que, contrairement à une idée reçue, le partage des revenus entre capital et travail n’est pas stable dans le temps. Il varie en fonction des évènements politiques. Il serait donc faux de penser que le rapport entre les facteurs de production et ce qu’ils rapportent est immuable. Aucune loi économique ne fige les choses. Les chocs politiques et économiques de la première moitié du XXème siècle ont réduit sensiblement le poids du capital dans les revenus. C’est seulement à partir de la fin des années 70, début des années 80, avec les politiques libérales anglo-saxonnes puis avec l’effondrement du bloc soviétique, que les capitaux retrouvent des taux de rendement élevés.

Après les Trente Glorieuses, la dynamique de concentration des patrimoines comme celle à l’œuvre à la fin du XIXe siècle se rétablit. Elle est entretenue par la progression des rendements capitalistiques dans un environnement de croissance économique faible. Les mouvements de dérégulation contribuent également à une plus grande liberté de circulation des capitaux à l’échelle de la planète. Le poids du capital dans la production devient ainsi plus élevé, d’où une plus grande attribution des revenus au détriment du travail. La machine à produire de l’inégalité est en marché et elle fonctionne aujourd’hui à plein régime. Un rapport de l’ONG Oxfam publié en 2016 nous dit qu’aujourd’hui 1% des plus riches possèdent la moitié de la planète…

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Un commentaire concernant “Quand la machine à produire de l’inégalité est en marche

  1. Bonjour. Je constate surtout que le robotique s’impose partout et que moins en moins d’humains n’ont accès à un travail. Or, nos dirigeants refusent de diminuer le temps de travail de chacu. Autre problème : les machines ne paient pas pour la sécurité sociale. Donc nous courrons dans le mur puisqu’il y a de plus en plus de sans emploi et donc de moins en moins de recette pour alimenter la sécurité sociale mais plus de dépense (car plus de chômeurs). Il serait donc temps d’obliger les entrepreneurs à payer un impôt à la sécurité sociale pour chaque machine qu’ils possèdent (comme si c’était des humains) et aussi à diminuer le temps de travail de chacun pour que tous nous puissions travailler.

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