L’Europe pour sauver le candidat François Hollande

Hollande candidat à la présidentielle et l'Europe

Bientôt l’heure du bilan pour François Hollande, qu’il soit candidat ou non pour la prochaine présidentielle. Que retiendra-t-on du mandat de celui qui succéda à François Mitterrand dans l’histoire des présidents socialistes ? L’actuelle côte de popularité, ou plutôt dirions-nous d’impopularité de l’actuel locataire de l’Elysée laisse à penser que l’inventaire sera pénible. Néanmoins, au fil du temps, les bilans politiques tendent à s’améliorer dans la représentation collective. Mitterrand, puis Chirac, furent aussi l’objet de vives critiques venant de toute part, y compris de leur propre camps. Mais une fois quitté le pouvoir, très vite ils gagnèrent définitivement une stature de chef d’Etat à la hauteur de leurs fonctions. Ce ne fût pas le cas de Sarkozy, peut-être parce qu’un retour de sa part sur le devant de la scène politique n’était pas exclu. Après avoir remporté les élections, l’homme politique gagnerait les sondages d’opinion une fois sa carrière publique définitivement terminée. Loin des yeux, loin du cœur, dit-on. En politique, ce serait plutôt l’inverse quant au rapport entre élus et électeurs.

S’agissant de François Hollande, nous n’en sommes pas là. Le président en exercice est sous le feu des commentaires acerbes à son égard. Rien ne semble pouvoir le faire sortir d’une impopularité qui très vite lui a collée à la peau après avoir remporté les dernières présidentielles. Hollande n’a connu aucun état de grâce, même pas au tout début de son mandat alors que bien souvent la victoire donne des ailes dans l’opinion publique. Certes, le président socialiste débuta sa fonction à un moment très difficile, la France étant traversée par une crise économique n’en finissant pas. Mais c’est certainement l’attentisme de François Hollande à propos de l’Europe qui lui a coûté la confiance des français. Il fallait agir très vite pour renégocier avec l’Allemagne une sortie de crise européenne différente de celle engagée par le couple Merkel-Sarkozy pour que l’Union européenne ne plonge pas dans l’austérité. Il n’en fût rien. François Hollande s’aligna sur les positions prises avant son arrivée à l’Elysée. Son manque d’initiative sur la scène européenne lui a coûté sa popularité. Il n’y avait que trop peu de distance entre son discours offensif du Bourget et son consentement à la rigueur budgétaire imposée par l’Allemagne à des économies pourtant déjà à bout de souffle. Ceci  ressembla fort bien à une sorte de renoncement tant Hollande apparaissait désarmé devant l’intransigeance de la chancelière allemande.

L’histoire présidentielle n’est pas terminée pour François Hollande. Peut-être même ne s’achèvera-t-elle pas dans quelques mois même si tous les pronostics prédisent au président une retraite rapide. Après tout, une élection n’est jamais jouée d’avance, ou alors il ne s’agit plus de démocratie. Mais si Hollande est candidat, la tâche pour lui sera bien rude. Plus question de chercher dans la finance un ennemi désigné et néanmoins rassembleur. Le président en exercice a également emprunté une voie sociale-démocrate dont le candidat saura difficilement se défaire pour contenter un électorat de gauche en quête de repères socialistes. Par contre, rien n’empêche à ce que Hollande candidat soit bien plus incisif que le président qu’il est à propos de l’Europe, en proposant pourquoi pas une mutualisation des dettes souveraines et une véritable politique sociale à l’échelle européenne. Le président de gauche qu’il ne fût pas dans son pays ne pourrait-il pas le devenir à l’échelle de l’Union européenne ? C’est peut-être du côté de l’Europe que le candidat Hollande trouvera son salut pour sa réélection.

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Et si Donald Trump entrait à la Maison-Blanche…

Trump nouveau président des Etats-Unis

Si la parole en politique a un sens, les américains ont choisi pour la Maison-Blanche un candidat qui leur a promis d’ériger un mur entre eux et le Mexique dont la construction sera financé par l’Etat mexicain, de laisser à Poutine le soin de décider du sort de la Syrie, d’autoriser l’usage de la torture si nécessaire aux Etats-Unis, d’interdire l’entrée sur le territoire américain de musulmans, toujours à propos de Poutine de s’en faire un allié sans condition, de rompre des accords militaires avec l’Europe qui pourtant sont un point d’équilibre dans les relations entre les grandes puissances, de déployer par contre des forces armées dan le Pacifique en estimant que la Chine représente une menace, de réviser les accords de libre-échange entre les Etats-Unis et ses partenaires pour revenir à une forme de protectionnisme, de limiter l’impôt des plus fortunés et de réduire la charge fiscale des sociétés, de jeter aux orties le système de santé développé par Barak Obama et qui profite à plus de 20 millions d’américains, d’exiger des entreprises nationales dont la production est délocalisée de retourner sur le sol américain, d’annuler l’engagement pris par les Etats-Unis lors de la conférence de Paris pour la préservation de l’environnement afin de garantir un avenir à notre planète…

Si la parole en politique a un sens, les américains ont désormais un futur président qui fraîchement élu leur a promis de rassembler le pays autour de lui, de ne laisser aucun américain sur le bas de la route, de traiter les relations entre les Etats-Unis et le reste du monde sous la forme de partenariat, d’engager l’Amérique vers de grands succès économiques, de mener une politique de grands travaux publics pour générer de l’activité et ainsi créer les conditions du plein-emploi, de permettre à chacun de réaliser son potentiel…

En janvier 2017, Donald Trump deviendra le 45è président des Etats-Unis en fonction en prêtant serment devant la nation américaine.

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Quand la France n’est pas épargnée par Donald Trump

Trump et la victoire aux élections américaines

Dans quelques jours, les électeurs américains voteront pour celle ou celui qui succèdera à Barack Obama à la présidence des Etats-Unis. Quelque soit le résultat, il sera historique. Pour la première fois une femme sera peut-être placée à la tête de la première puissance mondiale. Ou alors ce sera le candidat certainement le plus controversé de l’histoire politique américaine qui présidera à la Maison-Blanche. Hillary ou Donald. Clinton ou Trump. Les jeux sont loin d’être faits juste avant l’élection et on ne sait pas encore si rien ne va plus. Il n’en demeure pas moins avec que les urnes ne s’expriment de grandes inquiétudes quant au résultat du scrutin. Trump a montré qu’il n’était pas un candidat comme les autres. S’il est élu, sera-t-il un président différent ? Mensonges, invectives, populisme, sexisme, insultes, sottises, xénophobie, le candidat républicain s’est employé à faire de la politique autrement avec des moyens plus que douteux. Tombant très souvent dans la caricature et dans le discrédit, il n’en a pas moins été entendu et manifestement écouté. Les derniers sondages avant l’élection le confirment comme possible vainqueur bien qu’il fût sérieusement distancé par son adversaire les semaines précédentes. Cette remontée spectaculaire dans les intentions de vote est peut-être l’expression des électeurs indécis qui bien souvent prennent position quelques jours avant le scrutin. Voilà qui n’est guère rassurant pour Hillary Clinton. Une élection dit-on se gagne au centre, mais aussi et surtout avec les électeurs qui au départ sont sans parti pris et qui se décident très peu de temps avant l’échéance électorale. Cette fin de campagne donne ainsi l’impression d’une candidate démocrate à bout de souffle alors que son rival semble lui avoir trouvé un second souffle…

On peut toujours disserter longtemps afin d’expliquer comment un individu tel que Trump puisse être si prêt d’accéder à la Maison-Blanche. Les commentaires vont bon train sur le sujet, en France bien-sûr et ailleurs, avec parfois une certaine condescendance à l’égard de la société américaine, comme si les analyses de la prochaine présidentielle américaine servaient à expliquer que nous français n’aurions jamais permis qu’un hurluberlu comme Trump soit aux portes du pouvoir. Ou alors s’agit-il de nous rassurer en laissant croire que l’électeur français est plus mature que ne l’est son homologue américain. Penser ainsi serait cependant oublier bien vite qu’un vote peut être tout autant l’expression d’une colère que d’un espoir. Les élections en France, comme dans bon nombre de pays européens, sont aujourd’hui bien plus la manifestation d’un profond mécontentement contre un système établi que l’adhésion à un projet. Le phénomène Trump s’inscrit dans cette insatisfaction générale qui anime actuellement la vie politique. Si le candidat républicain est toujours dans la course à quelques jours de l’arrivée, c’est bien parce qu’il incarne le rejet d’une partie de la population américaine vis-à-vis de l’establishment. Cette situation est avant tout la conséquence des inégalités économiques qui n’ont cessé de croître aux Etats-Unis et qui finissent par fragmenter la société américaine. Les écarts de revenu ne concernent plus seulement les plus riches et les plus pauvres, mais la classe moyenne dont le salaire médian est en baisse. Autrement dit, alors même que les Etats-Unis sont en croissance et affichent un taux de chômage très bas, sa population en moyenne s’appauvrit.

Les extrêmes en politique se nourrissent des crises économiques et s’installent durablement dans le paysage lorsque les inégalités se creusent. Le succès préélectoral de Donald Trump n’est pas le fruit d’une inculture politique au sein de l’électorat américain à laquelle nous échapperions, nous électeurs français prétendument mieux instruits en politique ! Ce succès, il est le résultat d’un système structurellement inégalitaire et dont la société française n’est pas exclue. Pour preuve, même si nous n’avons pas en France de Donald Trump au seuil de l’Elysée, les extrêmes n’en sont pas moins très proches du pouvoir.

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L’incroyable campagne de Donald Trump, ou quand le candidat républicain profite des divisions pour devenir président des Etats-Unis

Trum élections américaines

Bientôt nous connaîtrons le nom du 45e président des Etats-Unis. Aujourd’hui, impossible de dire qui l’emportera pour l’accession à la Maison-Blanche. Cette incertitude n’a rien d’exceptionnel car les élections par définition rendent leur verdict une fois les votes exprimées, sauf à ce qu’elles ne soient pas démocratiques. Pourtant, on comprend difficilement comment Donald Trump soit toujours dans la course et menace encore le succès de sa rivale démocrate. La campagne actuelle pour la prochaine élection présidentielle entrera aussi certainement dans l’histoire de politique américaine. Rarement les Etats-Unis n’auront connu avec le représentant républicain un candidat aussi populiste et sans réserve pour incarner le pouvoir suprême. Rarement la perspective que quelqu’un puisse être le chef de la première puissance mondiale n’a créé autant d’inquiétude, voire d’effroi, aux Etats-Unis mais également dans bon nombre de pays. Trump épouvante, Trump agace, Trump exaspère, mais Trump est toujours là, talonnant son adversaire d’après les sondages quelques semaines avant le vote.

Les Etats-Unis ont toujours suscité des sentiments contradictoires en Europe. Tantôt admiratif, tantôt critique, l’européen cerne difficilement son cousin américain. C’est parfois même de l’incompréhension qui est exprimée à l’égard des Etats-Unis, surtout lorsqu’il est question de vie politique. En France, on n’imagine pas avoir un candidat comme Trump. Par comparaison, Marine Le Pen apparaît bien sage…Quelle mouche a donc bien pu piquer le peuple américain pour qu’un homme de la trempe de Trump soit si près de devenir son plus illustre représentant ? Ne dit-on pas que l’on a les candidats que l’on mérite, ce qui laisserait à penser que l’électorat américain se soit sensiblement extrémisé depuis plusieurs années ? Espérons au mieux que bon nombre d’électeurs se tournent vers le candidat milliardaire non par adhésion mais par rejet. Certes, cela n’enlève rien au résultat une fois les suffrages exprimés. Mais cela relève néanmoins l’état d‘esprit d’une société et conditionne son devenir selon que son représentant soit choisi pour rassembler ou bien exclure ce que l’on ne souhaite plus. Ce second cas de figure semble le mieux caractériser la perspective Trump. Certes, des supporters du candidat républicain se retrouvent évidemment dans les idées de leur champion. Néanmoins, il n’est certainement pas faux de penser que ceux-ci sont minoritaires, représentant une petite partie de la société américaine profondément raciste et qui n’a jamais admis qu’une personne de couleur occupe la Maison-Blanche. Obama a suscité énormément d’espoir lors de son élection en novembre 2008, mais aussi cristallisé de la haine contre lui, laquelle ne s’est jamais dissipée. Le racisme est ancré dans la société américaine, il n’a pas disparu. Les derniers évènements à Charlotte en Caroline du Nord rappellent que les tensions communautaristes se perpétuent aux Etats-Unis et qu’elles sont toujours vives. Un candidat comme Trump peut ainsi  s’insérer dans les failles de la société américaine afin de distiller la peur auprès de l’électorat et enfin se  présenter comme le sauveur d’une Amérique soi-disant menacée par une trop grande immigration.

Le représentant républicain pour la Maison-Blanche profite également de la division génére par l’économie américaine. Le visage économique des Etats-Unis est fardé de résultats élogieux mais les traits sont bien plus durs et marqués qu’ils n’y paraissent. Le PIB a certes augmenté de plus de 10% depuis la crise de 2007, le chômage est en-dessous des 5%. Sauf que les Etats-Unis sont un pays de plus en plus riche avec de plus en plus de personnes en situation de grande pauvreté. Jamais sur les cinquante dernières années les aides publiques pour la nourriture n’ont été aussi importantes qu’en ce moment. Presque un américain sur sept reçoit aujourd’hui une assistance financière pour se nourrir suffisamment ! La première puissance économique du monde est aussi une machine à produire en masse de l’inégalité, ce qui détériore toujours un peu plus la cohésion sociale dans ce pays. Trump profite aussi de cet étiolement de la société américaine en tant qu’unité solidaire et équitable. Le communautarisme exacerbé et les inégalités croissantes créent des divisions profondes aux Etats-Unis dont le candidat républicain a su tirer parti.

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