Quand François Hollande tomba après Nicolas Sarkozy

Hollande et Sarkozy absents de la présidentielle 2017

François Hollande ne sera pas candidat à sa propre succession. Celui qui se voulait être un président « normal » a décidé une sortie politique inédite dans l’histoire de la Ve République puisque tous ses prédécesseurs s’étaient eux engagés dans la course présidentielle pour prolonger leur mandat. Mais Hollande avait-il vraiment le choix ? Jamais un président ne fût aussi impopulaire et ceci si durablement que l’actuel locataire de l’Elysée. Rarement un homme au pouvoir aura vu son propre camps se déchirer à son propos jusqu’à générer des fractures dangereuses pour l’avenir même de son parti. Jamais un Président de la République ne se livra comme lui à la confidence, l’exercice ressemblant fort bien à un suicide politique. Rarement un chef d’Etat n’eût à connaître autant de critiques, de sarcasmes, de railleries même à son encontre, jusqu’à ce que son autorité soit ébranlée et son image totalement écornée, rendant inaudible le moindre de ses messages politiques.

François Hollande ne sera jamais vraiment parvenu à incarner le pouvoir. C’est bien plus sur la forme, sur l’exercice de la fonction présidentielle, qu’il a échoué. C’est l’histoire d’un candidat qui après avoir séduit les français les a perdus une fois devenu président. Après tout, le bilan de François Hollande n’est pas plus mauvais que celui de ses prédécesseurs. On lui doit au moins de ne pas avoir sabordé le système de protection sociale en France malgré des tensions économiques très fortes. Il a également permis aux entreprises de restaurer leurs marges, n’en déplaise à la droite qui ne propose pas mieux. Il a son actif la dernière grande avancée républicaine en France avec la loi sur le mariage pour tous. Il s’attela aussi à redonner à l’école les moyens de ses ambitions, soit la réduction des inégalités pour moins d’endogamie sociale. Il fût aux côtés des forces de l’ordre lorsque la France fût victime d’attaques terroristes inégalées sur son sol.

François Hollande a fait des erreurs politiques. Mais qui n’en fait pas. La plus importante de toutes est certainement de ne pas avoir renégocié le traité budgétaire européen dès son accession à l’Elysée. Très vite le discours du Bourget ne fût plus qu’un souvenir de campagne. François Hollande donna aussi l’impression de renoncer face à la pression de l’Allemagne pour plus d’austérité en Europe. Alors que nombres d’économies européennes étaient déjà exsangues, celles-ci se retrouvèrent à payer un coût budgétaire toujours plus élevé. François Hollande n’a pas su inverser la tendance. Le discrédit s’est emparé de sa fonction puis le désamour des français de sa personne. Un d’Etat incarne un mandat présidentiel et aussi un rapport affectif entre un peuple et celui qui le représente. Cette relation rapidement a été troublée entre François Hollande et les français.

Décider de ne pas être candidat est tout aussi courageux que de s’engager en politique mais plus douloureux lorsque l’on y est contraint. François Hollande une fois de plus sème le trouble dans les esprits. On est à la fois partagé entre le courage qu’inspire sa décision pour le service de l’intérêt  général et une forme d’apitoiement devant un homme qui n’a d’autre choix que de partir. François Hollande rebat également quelques cartes pour les semaines à venir en n’étant pas candidat. Son départ programmé crée un nouvel espace politique qui à n’en pas douter sera très vite investi par Manuel Valls. Qui sait si bientôt nous ne verrons pas s’affronter deux ex-premier ministres respectivement débarrassés de « leur » président et impatients d’être à leur tour au sommet de l’Etat.

Retour à l’accueil

Quand Hollande et Valls s’affrontent au sommet de l’Etat

Hollande contre Valls au sommet de l'exécutif

Les jeux ne sont pas encore faits et rien ne va presque déjà plus au sommet de l’Etat. Dans un entretien auprès d’un quotidien national, le premier ministre s’affirme un peu plus mais toujours sans le dire comme un probable candidat à la primaire socialiste. Dans le même temps, François Hollande devrait prochainement annoncer si lui aussi s’engage dans la bataille élyséenne à venir en se soumettant tout d’abord au vote des militants et sympathisants de gauche. Fait inédit donc dans l’histoire de la Ve République où un président et un premier ministre en exercice et du même bord politique seraient engagés demain dans la même course présidentielle. La gauche était déjà divisée, il ne manquerait plus qu’à son débit s’ajoute une crise institutionnelle. Car en effet, comment imaginer qu’un pays, qui plus est sous état d’urgence, puisse être gouverné sereinement si les deux fonctions clés de l’exécutif s’opposent pour conserver le pouvoir…

La Ve République est un régime présidentiel. Pensé par le Général de Gaulle, le suffrage universel direct devait donner au président élu l’aura suffisante et la légitimité incontestable pour conduire la politique du pays. Assisté d’un gouvernement avec à sa tête un premier ministre, s’appuyant sur un Parlement votant les lois, le Président de la République est ainsi constitutionnellement le premier représentant de l’Etat dont l’autorité est garantie par les institutions. Mais le cadre institutionnel est une chose, l’exercice du pouvoir en est une autre. Même si elle est présidentielle, la Ve République s’est caractérisée par une série d’oppositions, d’affrontements, voire de luttes au sommet de l’Etat. La collaboration entre l’Elysée et Matignon n’a pas toujours été de tout repos, loin de là. Le Général de Gaulle lui-même fût au centre de tensions au sein d’un régime qu’il s’était pourtant taillé à sa mesure. A l’issue de mai 68, son autorité vacille tandis que son premier ministre, Georges Pompidou, sort lui grandi dans sa famille politique tant il sembla affronter seul l’insurrection après que le président se soit réfugié à Baden-Baden. On se souvient également des relations conflictuelles entre le président Giscard et le chef de gouvernement Chirac, ce dernier claquant avec fracas la porte de Matignon pour très vite s’opposer bien plus au pouvoir giscardien qu’au socialiste Mitterrand dont il contribua pour partie à la victoire en 1981. Sont restées également dans les mémoires les passes d’armes entre le même Mitterrand et son meilleur ennemi à gauche, Michel Rocard. L’association des deux hommes au sein de l’exécutif fût moins une collaboration qu’une forme de cohabitation. Mitterrand ne se privera pas d’ailleurs de contrer Rocard aux élections européennes en manipulant son fringuant ministre Bernard Tapie, condamnant son premier ministre à un échec qui l’écartera d’une possible candidature un an plus tard aux présidentielles de 1995.

La Ve République n’a pas été épargnée à sa tête par les conflits.  Cependant, les discordes au plus haut sommet du pouvoir n’ont pas eu raison d’elle. La Ve République demeure. Elle est bien moins instable que le régime des partis qui la précéda. Ce ne sont certainement pas les querelles entre François Hollande et Manuel Valls qui la bousculeront, tout comme les précédents affrontements entre Président de la République et Premier ministre l’ont animée sans la faire tomber. C’est par contre le parti socialiste qui risque fort bien de sombrer un peu plus avec un président et un chef de gouvernement tous deux sortants et candidats.

Retour à l’accueil

La droite vote aux primaires, la gauche se divise avant les primaires

La gauche se divise avant les primaires

Quel que soit le résultat, la droite aura réussi ses primaires. Le premier tour a rassemblé plusieurs millions d’électeurs et a abouti à l’une des plus grandes surprises électorales de la Ve république. Les primaires ont aussi permis d’en finir avec une forme de populisme omniprésent dans les discours et brouillant les messages sensés. Sur la forme, Juppé et Fillon ont délivré un débat sérieux et de qualité dans l’entre-deux tours, bien loin de l’agitation sarkozyste devenue quasi-caricaturale. S’agissant des idées, la droite s’étant durcie ces dernières années, elle proposera un programme mêlant libéralisme, austérité, individualisation. Qui pour lui répondre ? La gauche manifestement ne sera pas dans le meilleur des états pour la contredire d’une voix commune. Au fur et à mesure que les primaires de la Belle Alliance Populaire approchent, les divisions se creusent, au sein du parti socialiste et au-delà.

Il y a tout d’abord ceux qui se présentent sans se soumettre au vote des militants. Arrive en tête Jean-Luc Mélenchon qui a pris tout son monde par une surprise toute relative en se déclarant candidat pour la prochaine présidentielle, ceci sans concertation avec ses alliés d’extrême-gauche. Néanmoins, le concernant les communistes viennent de réaliser un exercice d’un genre nouveau. Les militants se sont en effet prononcés favorablement pour soutenir Mélenchon alors que les cadres du parti ne lui avaient pas accordé leur confiance. Le parti communiste vient en quelque sorte de réaliser une primaire sans candidat en votant pour une personne qui ne leur a même pas demandé leur avis pour se présenter à la prochaine présidentielle. C’est dire dans quel état se trouve aujourd’hui le parti communiste français en sérieux manque d’incarnation.

Côté socialiste, ce serait plutôt l’inverse avec différentes personnalités pour incarner la gauche. Le seul problème, c’est que celles-ci ne s’accordent pas sur la direction politique à emprunter contrairement à la droite. Les affrontements d’ego ne sont certainement pas plus forts chez les socialistes que chez Les Républicains. Ces derniers avec les primaires disposeront d’un candidat unique pour 2017. A gauche par contre, pas sûr que le vote des militants suffit à éteindre les passions discordantes. Les divisions vont bien au-delà des simples luttes de personnes. Les différences idéologiques sont nombreuses et significatives entre les prétendants déclarés et ceux qui le seront bientôt à la candidature présidentielle. La gauche va sortir très fragmentée de cinq ans d’exercice du pouvoir, se cherchant entre la social-démocratie et une voie socialiste plus classique.

A coup sûr la présidentielle de 2017 va constituer un tournant historique pour la gauche dans son ensemble. Les socialistes, les écologistes, les communistes et l’extrême-gauche, sortiront différents de la prochaine élection nationale. Pas étonnant donc qu’ils soient si nombreux à prétendre être celui ou celle qui demain rassemblera après s’être autant divisés aujourd’hui.

Retour à l’accueil

La réforme du collège unique avec l’enseignement personnalisé

La réforme du collège unique

Il ne suffit pas qu’une idée soit juste pour que sa mise en œuvre soit garantie de succès.  Le collège unique illustre l’écart possible entre une bonne intention et le résultat effectif de celle-ci. En 1977, le ministre de l’Education nationale de l’époque, René Haby, sur instruction du président Valéry Giscard d’Estaing, met en place une réforme visant à instaurer un système d’enseignement commun à tous, après l’école primaire et ce jusque l’âge de 16 ans. Le collège devient donc unique après avoir été divisé en trois, l’objectif étant que chaque enfant puisse disposer d’un niveau de connaissances identique à tous et ce quelle que soit son origine familiale. C’était là une mesure de justice visant à réduire l’endogamie sociale. Idée juste donc initialement mais résultat plus que décevant. Le collège est aujourd’hui le moment où des parcours scolaires se brisent, où les inégalités s’accroissent, où les difficultés rencontrées à l’école primaire se prolongent pour devenir définitives. Le collège unique est pourtant l’une des réformes les plus emblématiques de la Ve République en matière de lutte contre les inégalités. Faut-il donc enterrer aujourd’hui un projet destiné à constituer un socle de savoirs communs à tous ? La personnalisation des parcours scolaires défendus par certains représentants politiques en remplacement du système actuel ne serait-il pas un retour vers une école plus inégalitaire qu’elle ne l’est aujourd’hui ?

L’école est très peu présente pour l’instant dans les débats ouverts pour les prochaines présidentielles. Les primaires à droite se sont centrées sur d’autres thèmes, tandis que chez EELV l’élimination surprise de Cécile Duflot a occulté toute médiatisation du sujet, si tenté qu’il y en avait un. L’éducation est pourtant le premier poste de dépenses nationales, représentant un peu de plus de 25% du budget de l’Etat, soit un niveau légèrement supérieur aux intérêts de la dette. L’endettement public n’en reste pas moins une thématique plus souvent reprise dans les échanges politiques que peut l’être l’Education nationale. En matière d’avenir, le désendettement semble être une préoccupation plus forte que l’école. Celle-ci est pourtant le meilleur des investissements sociaux qui soit en permettant des développements économiques capables de résorber les dettes actuelles et à venir. La campagne pour les prochaines présidentielles ne fait que commencer. Espérons que les débats s’élèvent avec l’école…

On ne peut pas dire que la gauche actuellement au pouvoir n’a rien fait en direction du collège. La ministre Najat Vallaud-Belkacem a engagé une série de mesures visant un enseignement plus interdisciplinaire afin de réduire le cloisonnement des matières, dans l’esprit de Montaigne à propos du savoir : il vaut mieux une tête bien faite qu’une tête bien pleine. Non pas qu’il soit question de réduire le niveau des connaissances, comme le prétendent les détracteurs du collège unique, mais de mieux transmettre les savoirs pour un apprentissage intelligent. Sur ce point, Najat Vallaud-Belkacem a peut-être manqué d’ambition. Le rythme d’acquisition des connaissances aurait pu être revu, en supprimant les classes annualisées selon l’âge des collégiens pour instaurer une approche pluriannuelle personnalisée. Autrement dit, chaque collégien aurait quatre ans pour acquérir les connaissances sur base d’une cadence personnalisée, sans avoir à passer par des échelons communs à tous. Procédant ainsi, le collège permettrait une personnalisation plus forte des enseignements tout en restant unique.

Retour à l’accueil

Juppé, Fillon, faux frères ennemis

Fillon et Juppé face à face aux primaires de la droite et du centre

Depuis dimanche soir, la droite est traversée par un nouveau duel : Fillon face à Juppé. Le premier tour des primaires de la droite et du centre a abouti à un résultat totalement inattendu. Les sondages et les observateurs de la vie politique donnaient Juppé contre Sarkozy pour le second tour, les interrogations portant plus sur qui serait le troisième homme du scrutin. On imaginait donc que l’entre-deux tours serait l’affrontement entre deux styles, deux façons de faire de la politique, la forme l’emportant sur le fond. Les électeurs en ont décidé autrement. L’impétueux Sarkozy ne rencontrera pas le tiède Juppé. Les costumes sont rangés au placard. Désormais le débat s’est dirigé vers le terrain des idées. On ne s’en plaindra pas. Une élection présidentielle mérite que s’opposent des projets au lieu que les candidats se battent comme des chiffonniers.

Affrontement donc entre deux ex-premiers ministres pour représenter la droite aux prochaines élections nationales. Les petites phrases entre les deux hommes ne se sont pas fait attendre. Le délai est court entre les deux tours. Juppé est donc allé directement au but, présentant le programme de son adversaire comme socialement trop brutal. Fillon a réagi en s’affirmant volontiers comme le représentant d’une droite ni forte, ni décomplexée, mais tout simplement telle qu’elle est majoritairement, conservatrice sur les questions de société et libérale sur les sujets économiques. A entendre les deux nouveaux frères ennemis,  on a l’impression de se trouver dans un duel gauche-droite, avec un Juppé presque gauchisant contre un Fillon toujours plus à droite au fil des semaines. Encore un peu et l’on croirait que les deux hommes sont de sensibilité politique différente. Bien-sûr il n’en est rien. Nous sommes toujours dans le cadre d’une primaire d’un même parti. Et sur le plan des idées, bien que Juppé soit devenu « inrockuptible » et Fillon proche de la Manif pour tous, les divergences sont bien faibles. Les deux hommes en effet nous proposent le même projet de société : moins d’Etat avec une réduction très forte des dépenses publiques, plus de dérégulation en matière de droit du travail, une privatisation du dialogue social en reconnaissant l’accord d’entreprise comme une source principale du droit, la fin de l’impôt sur la fortune.

Juppé, Fillon, faux frères ennemis puisque si proches sur un plan idéologique. On s’accorde à dire que la France actuelle a rarement été aussi à droite. C’est peut-être vrai. Toujours est-il que Juppé et Fillon eux, le sont bien, à droite. Alors, où est le centre ? L’UDI est-elle encore représentative d’une force centriste dans le paysage politique français en apportant son soutien à François Fillon pour le second tour de la primaire ? A ce jeu-là, il est fort à parier que François Bayrou sortira du bois pour une nouvelle candidature si Juppé est éliminé de la course présidentielle. Si tel est le cas, les primaires auront été un échec en générant une nouvelle division entre la droite et le centre qui pourrait s’avérer bien coûteuse électoralement.

Retour à l’accueil

L’Europe pour sauver le candidat François Hollande

Hollande candidat à la présidentielle et l'Europe

Bientôt l’heure du bilan pour François Hollande, qu’il soit candidat ou non pour la prochaine présidentielle. Que retiendra-t-on du mandat de celui qui succéda à François Mitterrand dans l’histoire des présidents socialistes ? L’actuelle côte de popularité, ou plutôt dirions-nous d’impopularité de l’actuel locataire de l’Elysée laisse à penser que l’inventaire sera pénible. Néanmoins, au fil du temps, les bilans politiques tendent à s’améliorer dans la représentation collective. Mitterrand, puis Chirac, furent aussi l’objet de vives critiques venant de toute part, y compris de leur propre camps. Mais une fois quitté le pouvoir, très vite ils gagnèrent définitivement une stature de chef d’Etat à la hauteur de leurs fonctions. Ce ne fût pas le cas de Sarkozy, peut-être parce qu’un retour de sa part sur le devant de la scène politique n’était pas exclu. Après avoir remporté les élections, l’homme politique gagnerait les sondages d’opinion une fois sa carrière publique définitivement terminée. Loin des yeux, loin du cœur, dit-on. En politique, ce serait plutôt l’inverse quant au rapport entre élus et électeurs.

S’agissant de François Hollande, nous n’en sommes pas là. Le président en exercice est sous le feu des commentaires acerbes à son égard. Rien ne semble pouvoir le faire sortir d’une impopularité qui très vite lui a collée à la peau après avoir remporté les dernières présidentielles. Hollande n’a connu aucun état de grâce, même pas au tout début de son mandat alors que bien souvent la victoire donne des ailes dans l’opinion publique. Certes, le président socialiste débuta sa fonction à un moment très difficile, la France étant traversée par une crise économique n’en finissant pas. Mais c’est certainement l’attentisme de François Hollande à propos de l’Europe qui lui a coûté la confiance des français. Il fallait agir très vite pour renégocier avec l’Allemagne une sortie de crise européenne différente de celle engagée par le couple Merkel-Sarkozy pour que l’Union européenne ne plonge pas dans l’austérité. Il n’en fût rien. François Hollande s’aligna sur les positions prises avant son arrivée à l’Elysée. Son manque d’initiative sur la scène européenne lui a coûté sa popularité. Il n’y avait que trop peu de distance entre son discours offensif du Bourget et son consentement à la rigueur budgétaire imposée par l’Allemagne à des économies pourtant déjà à bout de souffle. Ceci  ressembla fort bien à une sorte de renoncement tant Hollande apparaissait désarmé devant l’intransigeance de la chancelière allemande.

L’histoire présidentielle n’est pas terminée pour François Hollande. Peut-être même ne s’achèvera-t-elle pas dans quelques mois même si tous les pronostics prédisent au président une retraite rapide. Après tout, une élection n’est jamais jouée d’avance, ou alors il ne s’agit plus de démocratie. Mais si Hollande est candidat, la tâche pour lui sera bien rude. Plus question de chercher dans la finance un ennemi désigné et néanmoins rassembleur. Le président en exercice a également emprunté une voie sociale-démocrate dont le candidat saura difficilement se défaire pour contenter un électorat de gauche en quête de repères socialistes. Par contre, rien n’empêche à ce que Hollande candidat soit bien plus incisif que le président qu’il est à propos de l’Europe, en proposant pourquoi pas une mutualisation des dettes souveraines et une véritable politique sociale à l’échelle européenne. Le président de gauche qu’il ne fût pas dans son pays ne pourrait-il pas le devenir à l’échelle de l’Union européenne ? C’est peut-être du côté de l’Europe que le candidat Hollande trouvera son salut pour sa réélection.

Retour à l’accueil

François Fillon, un Thatcher à la française

Fillon et les primaires, Thatcher à l'Elysée

Assurément, les sondages sont aussi myopes en France qu’aux Etats-Unis. Même si une remontée de François Fillon était pressentie par les observateurs professionnels, personne n’avait anticipé une victoire aussi éclatante de celui que l’on présentait il n’y pas si longtemps de cela comme le troisième, voir le quatrième homme des primaires de la droite et du centre. Fillon a réalisé un score au premier tour qui à la fois siffle la fin de la partie pour Nicolas Sarkozy et douche les espoirs d’Alain Juppé quant à devenir le prochain président de la République. Depuis hier soir, une fois les résultats annoncés, Fillon est devenu le leader de la droite française. Quant au centre, il est certainement trop tôt pour le dire. Plane en effet l’incertitude d’une candidature de François Bayrou en cas d’élimination d’Alain Juppé dimanche soir prochain. Par contre, s’agissant du programme porté par l’ex-premier ministre de Sarkozy, il ne fait aucun doute qu’il s’agit là d’un projet pour la France profondément ancré à droite. Passe encore que les sondages tout compte fait anticipent bien peu de chose. Mais sur le plan des idées, toute myopie n’est guère concevable.

François Fillon est libéral sur un plan économique et conservateur sur les questions sociales. Celui que l’on présentait volontiers comme le successeur de Philippe Séguin, en digne héritier d’une forme de gaullisme social, semble désormais bien éloigné des idées de son mentor. On le verrait bien plus aujourd’hui proche de Margareth Thatcher. Fillon lui-même reconnait d’ailleurs une certaine admiration à son égard. Mais c’est surtout sur son programme que le rapprochement peut être fait avec celle qui fût la Dame de fer. Pendant que Jean-François Copé revendiquait une droite décomplexée, Fillon lui ne faisait guère de complexe sur le front libéral.

Haro tout d’abord sur les trente-cinq heures ! Fillon n’en veut plus. Lui président, la France retournera au travail en moyenne quatre heure de plus par semaine. Fillon souhaite que le temps de travail soit renégocié à la hausse dans les entreprises. Concernant la fonction publique, il estime que revenir à 39 heures permettra de supprimer jusqu’à 500 000 postes de fonctionnaires. Fidèle à la pensée libérale, François Fillon s’inscrit dans une logique comptable laissant peu de place aux considérations sur la qualité du service public. Les services hospitaliers par exemple sont déjà très sollicités aujourd’hui. Avec moins de moyens, on leur demandera encore plus. L’Education nationale sera elle aussi touchée, comme à l’évidence tous les ministères puisque Fillon présente à droite le programme le plus drastique en matière de coupe budgétaire. Lui président, la France va se serrer la ceinture. Jusqu’à s’étrangler ? Pas moins de 110 milliards d’euros de baisse des dépenses publiques sont annoncées par le grand gagnant du premier tour de la primaire…

Toujours en matière de droit du travail, Margareth Thatcher n’aurait pas désavoué les propositions de celui qui comme elle occupa les fonctions de premier ministre. L’ancien locataire de Matignon envisage de libéraliser le marché du travail, en permettant notamment le licenciement pour réorganisation. Une entreprise pourrait ainsi réduire ses effectifs sous prétexte qu’elle révise ses modes d’organisation. On ne sait rien encore des conditions d’emploi de ce nouveau droit pour les employeurs qui ressemble pourtant bien à une régression pour les salariés. Toujours est-il que ce projet s’accompagnerait d’une limitation de l’exercice syndical en privilégiant, comme annoncé, le référendum dans l’entreprise en guise de dialogue social.

Libéralisme toujours chez François Fillon lorsqu’il affiche sa volonté d’accroître la compétitivité des entreprises en réduisant significativement les cotisations sociales et l’impôt sur les sociétés. Les ménages seraient par contre contraints de financer ces mesures. Comme si rien n’avait été fait depuis 2012 pour restaurer la marge des entreprises. Le pouvoir actuel a tout de même mis plus de 40 milliards d’euros dans la corbeille des entreprises tandis que les paniers des ménages étaient de plus en plus percés avec la hausse des impôts. Pourtant, ces mêmes entreprises n’ont pas spécialement recruté pour autant, contredisant la thèse libérale selon laquelle donnant plus aux entreprises, celles-ci embaucheraient plus. François Hollande a choisi cette orientation, axant son action économique sur une politique de l’offre qui finalement restera bien infructueuse en matière d’emplois. Et bien lui président, François Fillon promet de faire plus que son prédécesseur. Là non plus, Margareth Thatcher n’aurait pas fait mieux, ou plutôt pas moins !

Retour à l’accueil

Le désormais candidat Emmanuel Macron et son programme social

Macron en marche vers l'Elysée

Emmanuel Macron est en marche depuis qu’il a démissionné du gouvernement. Peut-être était-il déjà en route vers une candidature à la prochaine présidentielle lorsqu’il était ministre par le bon vouloir du président actuel. Toujours est-il que l’ancien protégé de François Hollande s’apprête à entrer officiellement dans la prochaine course pour l’Elysée. La surprise n’est pas de taille, voire est-elle inexistante tant la démarche personnelle engagée par Macron ne laissait guère de place au doute quant à ses intentions présidentielles. Il lui restera à recueillir les parrainages nécessaires pour être en droit de se présenter devant les électeurs, ce qui vraisemblablement ne devrait pas lui poser de problème quoiqu’en disent certains…

Se déclarer candidat à une élection ne suffit pas à nourrir un projet politique. Emmanuel Macron pour l’instant a bénéficié d’une certaine popularité, tout du moins d’un intérêt du grand public, en jouant le rôle du nouveau-venu sur la scène présidentielle. Le calendrier lui était également profitable, entre la droite occupée par ses primaires et une gauche qui n’en finit pas de se diviser. Mais la représentation ne dure qu’un temps. L’heure du programme est venue. Comme tout candidat à une élection, même s’il prétend faire de la politique autrement, Emmanuel Macron n’échappe pas au difficile et bien souvent périlleux exercice consistant à faire des propositions.

Quelles sont-elles ces propositions de l’ex-ministre de l’économie pour la prochaine présidentielle de 2017 ? Pour l’instant, seul le volet social a été présenté par Emmanuel Macron, mais ses premiers dires en disent déjà suffisamment sur la nature de son projet. Tout d’abord, la flexibilité est au rendez-vous, en promettant de moduler la durée du temps de travail en fonction de l’âge du salarié. On se souvient de la charge d’Emmanuel Macron contre les 35 heures. Pour autant, il ne dit pas que lui, président, il les supprimera. Mais elles seront flexibles selon l’ancienneté du salarié. Autrement dit, avec Macron, les jeunes travailleront plus de 35 heures hebdomadairement tandis que les plus âgés disposeront d’une semaine horaire moins chargée. En soi, l’idée n’est pas mauvaise. Après tout, les nouveaux entrants sur le marché du travail ont pour eux l’énergie de leurs jeunes printemps. Pourquoi ne pas mobiliser plus cette force de travail et permettre ainsi aux salariés plus expérimentés de disposer d’un rythme professionnel plus conciliant avec des aspirations personnelles. Seulement voilà, le chômage  touche massivement les jeunes en France comme dans la plupart des pays européens. Une personne sur quatre âgée de moins de 25 ans est aujourd’hui sans emploi. Compte tenu de l’ampleur du phénomène, réduire la durée du temps de travail des salariés les plus âgés pour accroître celle des plus jeunes apparaît comme une mesure bien timide pour lutter contre le chômage de masse. Le volet social du programme de Macron ne semble guère être à la hauteur de la première préoccupation des français, à savoir une baisse conséquente du chômage.

Flexibilité d’un côté, nationalisation de l’autre, Emmanuel Macron se préparerait-il au grand écart ? Pas tant que cela. L’ancien locataire de Bercy souhaite en effet nationaliser le système d’assurance-chômage. Exit donc les partenaires sociaux qui aujourd’hui gèrent le versement des indemnités suite à un licenciement. A demi-mot, en voulant étatiser, Emmanuel Macron reconnaît que les partenaires sociaux sont responsables de l’endettement chronique de l’UNEDIC. Laissez donc faire l’Etat, il s’occupe de tout et fera certainement mieux ! Manifestement, le projet de Macron ne s’embarrasse guère du dialogue social qui existe à ce jour en France. Pas étonnant d’ailleurs que l’idée de nationaliser l’UNEDIC soit également défendue par Nicolas Sarkozy. On connaît le goût peu prononcé de l’ex-président pour le monde syndical. Ensuite, concernant le financement, sur cette proposition comme pour le reste Emmanuel Macron est très évasif. Il ne suffit pourtant pas que l’Etat gère à son tour l’assurance-chômage pour que miraculeusement les dettes et les déficits s’estompent. C’est surtout la réduction du chômage de longue durée et une reprise sensible du marché de l’emploi qui peuvent réduire significativement le coût de la prestation sociale. Sur ces deux points, Macron ne dit pas grand-chose…

L’ex-ministre de l’économie se présente volontiers aujourd’hui comme celui capable de révolutionner le paysage politique français, en dépassant le clivage gauche-droite pour être le candidat hors du commun. Il est vrai que la rhétorique antisystème connaît actuellement un certain succès, notamment outre-Atlantique. Pourtant, les premières propositions du désormais candidat Macron écornent l’image d’une révolution heureuse dont il se réclame le fer de lance. Au lieu de dépasser les partis dits traditionnels, Macron semble bien plus reprendre des idées défendues aussi bien à droite qu’à gauche. Dépasser n’est cependant pas réunir. On attendra encore un peu, après la divulgation des aspects économiques de son programme pour savoir si Emmanuel Macron est si révolutionnaire qu’il le prétend.

Retour à l’accueil

Quand la gauche s’apprête à voter pour une droite décomplexée

Les primaires de la droite et du centre et la gauche

L’électeur de gauche se trouve aujourd’hui dans une position malaisée vis-à-vis de la primaire de la droite et du centre. A priori, il n’a aucune raison de participer à l’investiture d’une personne qui à terme portera un projet ne lui correspondant pas. C’est la droite qui cherche son candidat, pourquoi donc la gauche irait-elle s’en mêler ? Pour autant, le résultat des primaires risque d’être différent selon que le scrutin reste concentré dans les mains des militants du parti Les Républicains ou bien si d’autres sensibilités politiques y participent en nombre. Les électeurs de gauche se déplaçant massivement à la primaire de droite, Juppé sortirait très probablement gagnant face à Sarkozy. Cela n’est pas rien tant on connaît le rejet qu’inspire l’ex-président auprès des militants et sympathisants d’un bord politique qui n’est pas le sien. Mais au-delà de cette réaction presque épidermique, il est un calcul qui peut être fait et justifie d’apporter malgré tout sa voix à Nicolas  Sarkozy, s’agissant en l’occurrence de faire barrage à Alain Juppé qui aujourd’hui est le mieux placé pour gagner la prochaine présidentielle contre le Front National. Juppé ne laisserait donc aucune chance à la gauche de l’emporter, voire même d’être présente au second tour. Votant Sarkozy aux primaires de droite, l’électeur de gauche chercherait à désigner son meilleur adversaire pour les présidentielles de 2017, celui dont la personnalité controversée dépassant les frontières partisanes représente une chance pour un candidat socialiste de se hisser au second tour.

Sarkozy ou pas Sarkozy ? Juppé ou pas Juppé ? Cruel dilemme pour le militant ou sympathisant de gauche. Il reste cependant une façon de dépasser ce choix cornélien : ne pas voter à la primaire de la droite et du centre, en faisant abstraction des personnalités candidates à la candidature pour ne retenir que le projet défendu à droite. Sur ce point, les idées des uns et des autres se rejoignent, ce qui n’est pas surprenant s’agissant d’une élection au sein d’une même force politique. La primaire est ainsi bien plus le moyen de résoudre une lutte de personnes que de construire un programme. De façon différente, les sept prétendants pour l’Elysée expriment le même projet pour la France : à droite toute ! Il est en effet question de réduire massivement les dépenses publiques avec notamment la réduction du nombre de fonctionnaires, donc plus d’austérité, de poursuivre une politique de l’offre déjà bien engagée par l’exécutif actuel avec des baisses conséquentes de charges sociales au bénéfice des entreprises, de revoir la fiscalité au profit essentiellement du capital. Et bien-sûr, les candidats à la primaire unanimement comptent bien mettre un terme à ces satanées trente-cinq heures que la droite présente volontiers comme à l’origine d’un mal français, alors même qu’au pouvoir les dix années suivant la publication de la loi sur la réduction du temps de travail, elle ne les a jamais remises en cause ! Pour terminer, au travers des attaques répétées contre la CGT, la primaire actuelle est aussi la manifestation d’une volonté à droite de contraindre l’exercice syndical en France.

Le programme politique qui sera porté par le parti Les Républicains et ses alliés lors des prochaines présidentielles sera à l’évidence très marquée à droite, tant sur les questions économiques que sociales. Alain Juppé s’il sort vainqueur de la primaire ne sera pas un candidat du centre. Quand à Nicolas Sarkozy, on se doute que sa stratégie de campagne sera très proche des précédentes s’il est élu candidat, lorgnant ainsi sur l’électorat du Front National. Dès lors, l’électeur de gauche est-il prêt à devenir l’un des artisans d’une candidature aux prochaines présidentielles portant un projet si éloigné des valeurs qu’il défend ?

Retour à l’accueil

Quand François Hollande fait valser Manuel Valls pour la prochaine présidentielle

Hollande et Valls pour la primaire socialiste

La nature a horreur du vide, dit-on. La vie politique aussi. Les incertitudes en matière d’intention politique ouvrent aussi les appétits et conduisent alors à des situations inédites. Nous vivons actuellement au somme de l’Etat une configuration des plus particulières dans l’exercice du pouvoir en France. Jamais en effet un Président de la République et son premier ministre du même bord politique n’ont autant été en compétition pour une prochaine présidentielle, alors même qu’aucune des deux têtes de l’exécutif ne se soit déclarée à ce jour candidat. Il y a bien eu par le passé des associations plus que tendues entre l’Elysée et Matignon bien que les locataires respectifs soient du même parti. On se souvient du tandem Mitterrand-Rocard qui ressembla bien plus à une cohabitation qu’à une collaboration.

S’agissant du couple Hollande-Valls, celui-ci s’est construit sur de bonnes bases. Le premier ministre fût l’un des artisans de la victoire du Président actuel, lui apportant sans ambigüité tout son soutien le soir du premier tour des primaires de 2011 et s’engageant sans retenue derrière Hollande lors de la campagne qui suivit. Manifestement, pour ce qui est des relations humaines, plus particulièrement politiques, de bonnes fondations ne garantissent pas la pérennité de l’édifice. Le duo Hollande-Valls montrait une certaine solidité devant l’adversité. Mais les dernières confidences du Président de la République rendues publiques ont ébranlé la sérénité qui s’était installée au sommet de l’Etat. Manuel Valls n’a pas apprécié le livre Un président ne devrait pas dire ça, dans lequel François Hollande s’est livré si ouvertement qu’il a fini pas écorner la fonction présidentielle. On peut comprendre que Valls s’insurge, mais sur la forme sa réaction à quelques mois de la prochaine présidentielle laisse planer quelques doutes. Valls mécontent pouvait très bien faire part de sa désapprobation au chef de l’Etat dans le secret de l’Elysée. Mais il a préféré la petite phrase qui souvent en dit bien plus que son contenu…

François Hollande annoncera prochainement s’il est ou non candidat à sa propre succession. Le calendrier des primaires socialistes lui permet d’être encore aujourd’hui maître de la situation préélectorale. On se doute que si le parti socialiste a choisi janvier 2017 pour l’investiture de son candidat, c’est pour se conformer au rythme élyséen et pourquoi pas sur ordre du Président lui-même. Sur ce point, Hollande ne s’est pas confessé. Toujours est-il que le couple Hollande-Valls désormais n’échappe plus au malaise que crée l’usure du pouvoir et malgré tout l’envie pour chacun des protagonistes de s’y maintenir. Difficile donc de dire quelle sera la fin de ce tandem. Néanmoins, on imagine fort bien que le premier ministre actuel se verrait bien à terme exercer le pouvoir dans un autre fauteuil qui est le sien aujourd’hui. Reste pour lui à savoir quand s’engager officiellement pour l’accession à l’Elysée.

2017 peut aussi bien être une opportunité qu’un piège pour Valls. Participant aux primaires sans les emporter, il peut ensuite se positionner comme le prochain chef d’opposition en vue des présidentielles de 2022. Mais pour cela, encore faut-il qu’il réalise un score conséquent afin de rassembler ensuite la gauche autour de sa personne. Son score de 2011 n’y suffirait pas. Ou bien alors Manuel Valls gagne les primaires, profitant d’une division des voix avec la candidature simultanée de François Hollande. Ragaillardi par cette victoire, la chute pourrait cependant être d’autant plus brutale le soir d’un premier tour des présidentielles que l’on annonce crépusculaire pour les socialistes. Il n’est certes pas impossible de renaître de ses cendres. Mais en politique, il est des défaites historiques qui vous colle à la peau. Y aller ou pas, voilà bien Manuel Valls entraîné dans quelques pas d’une danse politique dont le meneur reste encore aujourd’hui François Hollande.

Retour à l’accueil

Quand les militants écologistes se rappellent au bon souvenir de Cécile Duflot, ou chronique d’une défaite non prévue mais annoncée aux primaires d’Europe Ecologie Les Verts (EELV)

Duflot et la défaite des primaires à EELV

Cécile Duflot ne sera pas candidate lors des prochaines présidentielles. Les primaires écologistes ont scellé son sort politique pour les mois prochains, et peut-être plus encore. En éliminant Duflot dès le premier tour, les militants d’Europe Ecologie Les Verts (EELV) ont aussi créé la première grande surprise de la campagne à venir. On imaginait déjà Duflot s’ajoutant aux candidatures de gauche. Finalement elle ne sera pas de la partie. Ce sera soit Michèle Rivasi ou Yannick Jadot, tous deux eurodéputés…et presque inconnus sur un plan national. Les verts une fois encore nous ont livré un type de scénario dont ils sont passés maîtres, soit l’histoire d’une déroute annoncée.

On a cru un instant que Nicolas Hulot serait candidat. L’écologie française s’est alors mise à rêver d’un score à deux chiffres aux présidentielles de 2017, tant la personnalité de l’ex-animateur de télévision est appréciée par bon nombre de français, bien au-delà de la sphère écologiste. Il faut reconnaître que Nicolas Hulot n’est pas qu’un personnage médiatique, mais un acteur de terrain dont l’aura et l’opiniâtreté ont contribué à faire intégrer un peu plus les questions environnementales dans les projets politiques. Mais Hulot a refusé d’être candidat après avoir déclaré sur une radio nationale qu’il ne disposait pas d’une équipe politique à ses côtés pour l’accompagner dans une campagne présidentielle. Autant dire que le parti EELV ne lui apportait pas l’infrastructure nécessaire pour mener à bien un combat politique aussi éprouvant comme l’est la compétition pour accéder à l’Elysée.

Après Hulot, voilà désormais Duflot hors-circuit. Mais à la différence de Nicolas, Cécile est entièrement responsable du rejet des militants d’EELV verts à son encontre. En décidant seule de quitter le gouvernement Valls, en choisissant seule de tendre la main à Jean-Luc Mélenchon pour très vite s’en détourner, en se prédestinant toujours seule à une candidature aux prochaines présidentielles, pensant les primaires comme une formalité de campagne, Cécile Duflot s’est disqualifiée elle-même pour la prochaine grande échéance électorale, et peut-être avec elle son parti. Car en effet, elle incarne aujourd’hui une sorte de gâchis de l’écologie politique en France. Après de beaux succès électoraux dans les années 2000, avec Noël Mamère recueillant plus de 5% des voix aux présidentielles de 2002, puis le meilleur score national des écologistes à une élection lors des Européennes de 2009, l’écologie politique semblait s’organiser autour d’une force commune et près à peser sérieusement sur le débat en France. Les partis traditionnels d’ailleurs avaient pris note de ce mouvement en complétant leurs discours et leurs programmes de considérations environnementales. Avec le succès aux Européennes, les écologistes étaient parvenus, non sans mal, à constituer un parti unique autour de l’écologie. EELV était né et promettait des lendemains enchanteurs…qui ne verront guère le jour.

Europe Ecologie Les Verts s’est créé avec la réunion de différents courants écologistes, mais aussi de fortes personnalités qui ne se sont jamais véritablement soumises à une discipline collective de parti politique. Il y a bien eu  la figure tutélaire de Daniel Cohn-Bendit, mais celui-ci aussi influent soit-il ne s’est pas engagé totalement dans la direction du mouvement, laissant un vide dans lequel s’est engouffré Cécile Duflot. Elle sera donc une toute jeune secrétaire nationale d’EELV, prometteuse au début de son mandat, puis décevante ensuite avec une direction du parti plus clanique que consensuelle, ceci motivant le départ de « poids lourds » comme Nicolas Hulot, Daniel Cohn-Bendit et Noël Mamère. Suite à cela, on a pu penser Cécile Duflot très rusée et pourquoi pas considérer que l’éviction de quelques ténors était un mal nécessaire pour mettre le parti écologiste en ordre de marche. Mais les vieux démons n’abandonnent jamais leur proie. L’écologie politique en France a toujours peiné à instaurer un mode de gouvernance cohérent et durable, et dès lors les luttes de personne l’emportent sur la dynamique de groupe. Mais parfois le collectif se rebelle, n’accepte plus les initiatives personnelles sans concertation et qui pourtant engagent l’avenir du mouvement. Cécile Duflot a certainement oublié cela. Les militants écologistes, avec les primaires, se sont rappelés à son bon souvenir.

Retour à l’accueil

Quand François Hollande se perd dans la synthèse au lieu de rassembler

Holllande, la synthèse, le rassemblement

En 1967, Georges Pompidou alors Premier ministre déclarait que la France serait au bord de la révolution si plus de 500 000 personnes se trouveraient sans emploi. Cinquante plus tard, la société française n’a pas eu à connaître de renversement révolutionnaire même si le nombre de chômeurs est aujourd’hui bien supérieur au seuil crépusculaire annoncé par Pompidou. Y’a-t-il donc comme une sorte de fatalité qui pousse les esprits à la résignation à propos du chômage ? En 1993, le président François Mitterrand semblait rendre les armes sur le sujet, en affirmant que l’on avait tout essayé. Fin de l’histoire. Le modèle français comme dans d’autres pays dits riches intègrerait le fait qu’une part importante de la population soit sans activité. Le fatalisme pourtant est un bien piètre conseiller, et la politique sert justement à refuser les déterminismes, à ne pas considérer que tout est joué d’avance, pire à sombrer dans le renoncement. Tout a peut-être été essayé comme le disait François Mitterrand, cela n’empêche pas de réessayer dans des formes différentes. En matière de lutte contre le chômage, les recettes ne sont pas non plus multiples.

Les façons de dynamiser l’emploi sont un marqueur clivant entre gauche et droite. D’ordinaire, à gauche on vise plutôt la sécurité des salariés, à droite la flexibilité du travail. Mais notre époque politique est singulière, traversée par deux tendances politiques de fond, avec d’une part la poussée des extrêmes à droite, d’autre part le centrisme. C’est surtout cette seconde direction qui a permis l’émergence de la flexisécurité censée être la solution au problème du chômage, en conciliant sécurité et flexibilité sur le marché du travail. Les promoteurs de cette idée la présente comme gagnante pour les deux parties concernées, les salariés et les employeurs, et ainsi ce gain mutuel permettrait des assouplissements en termes d’offres et de demandes d’emploi bénéfiques aux personnes en recherche d’activité professionnelle. A l’inverse, ceux qui s’opposent à la flexisécurité la considère comme une voie profitant exclusivement aux entreprises en leur permettant de pouvoir licencier plus aisément. L’équilibre entre salariés et employeurs promis en synthétisant sécurité et flexibilité serait un leurre. La loi El Khomri ne leur a pas donné tort. La partie sécurité du dispositif est passée presque inaperçue car bien trop générale par rapport aux mesures précises en faveur d’une plus grande souplesse du marché du travail, notamment à propos des licenciements. Il ne manquait plus que la loi soit portée par le pouvoir de gauche en place pour que les pistes soient définitivement brouillées.

La synthèse est un art bien difficile en politique. Elle suppose de renoncer à une partie de ses convictions pour en accepter d’autres qui à l’origine ne sont pas les siennes. Elle est cependant indispensable pour celle ou celui qui prétend prendre la tête d’un parti politique. Les courants y sont en effet nombreux, il ne faudrait pas que tout cela déborde jusqu’à créer des scissions, des ruptures. François Hollande a très bien su faire cela en tant que secrétaire national du parti socialiste durant une décennie. Une fois devenue président de la République, il pensait manifestement pouvoir conserver la même méthode. Mais la tête de l’Etat exige plus le rassemblement que la synthèse, autour d’un projet clair et précis. Sur le chômage avec entre autres la loi El Kohmri, comme sur le reste, François Hollande s’est perdu à synthétiser plutôt qu’à rassembler.

19

Le grand écart de Jean-Luc Mélenchon, ou quand une campagne pour les présidentielles passe de l’horizontalité à la verticalité

Mélenchon et la campagne présidentielle

Une nouvelle fois, Jean-Luc Mélenchon semble à l’aise dans son costume de candidat à la présidentielle. En 2012, l’ancien socialiste était devenu le leader de la gauche radicale, prêt des extrêmes, en réalisant une campagne efficace, empreinte de certaines envolées lyriques, comme lors d’un discours resté célèbre à la Bastille. Le résultat fût bon. Mélenchon afficha presque quatre millions de voix à son actif le soir du premier tour. Son soutien à François Hollande pour le second tour contribua aussi pour partie à la victoire du candidat socialiste. Qu’en sera-t-il en 2017 si Mélenchon venait à réaliser un score proche, voire supérieur, à celui de 2012 ? On l’imagine mal soutenant François Hollande tant il critiqua la politique de celui-ci durant tout le mandat présidentiel qui s’achève. Jean-Luc Mélenchon vise peut-être de dépasser le prétendant socialiste à la prochaine présidentielle, et se trouver alors dans la situation où c’est lui qui chercherait des ressources électorales auprès des autres candidats de gauche. Dans tel cas, on peut également penser que François Hollande hors-jeu dès le premier tour n’aide guère son ancien compagnon de route à franchir les portes de l’Elysée. De toute façon, tant que le scrutin n’a pas eu lieu, les supputations et autres hypothèses appartiennent à la politique-fiction. Le rapport Hollande-Mélenchon ne sera définitif que le soir du 23 avril 2017, si tant est que le président en exercice soit candidat à sa propre succession. Après que François Hollande se soit dernièrement perdu dans des confidences qui n’honorent certainement pas sa fonction présidentielle, le doute est permis ! Mais cela est une autre histoire. Ce qui peut être analysée aujourd’hui, c’est la manière dont Jean-Luc Mélenchon mène déjà sa campagne présidentielle.

Au-delà des idées et des projets, il faut reconnaître à l’ex-président du Front de gauche sa capacité à innover sur la façon de faire de la politique. En effet, Jean-Luc Mélenchon tente de concilier deux approches qui fondamentalement sont opposables, se situant entre horizontalité et verticalité. Le candidat a bien saisi dans les derniers mouvements d’humeur sociale l’importance accordée par ceux qui y participèrent de l’absence de meneur véritable. Il y avait certes des figures mais pas de tête unique menant les dernières protestations d’envergure, avec Nuit Debout par exemple ou encore lors des contestations de masse contre la loi El Khomri. Cette tendance à l’horizontalité n’est pas spécifique à la France. Dans d’autres endroits du monde, comme en Ukraine sur la place Maidan, ou encore aux Etats-Unis avec Occupy Wall Street, les leaders se sont effacés devant les masses protestataires. Les soulèvements contestataires sont désormais de moins en moins personnifiés, notamment avec les réseaux sociaux qui multiplient les porte-voix.

S’agissant de la campagne de Jean-Luc Mélenchon, ce n’est pas là un mouvement spontané de révolte ou encore de rébellion, mais d’une organisation se mettant progressivement en place dans l’objectif de concourir aux prochaines élections présidentielles. Dans le cas présent, l’horizontalité est possible jusqu’à un certain point. Il faudra bien une tête et une seule à présenter aux électeurs français. Le défi de l’ex-patron du Front de gauche sera donc de passer d’une campagne horizontale à la verticalité qu’exige le dépôt d’une candidature individuelle. Pas-sûr qu’il puisse alors réaliser la transition sans avoir à faire le grand-écart, ce que les électeurs bien souvent n’apprécient guère.

Retour à l’accueil

Bal tragique aux primaires de droite ! Un mort, l’impôt sur la fortune

L'impôt sur la fortune et les primaires de la droite et du centre

Les primaires au sein d’un parti se caractérisent par un vote interne, mais aussi par le débat entre les candidats où chacun fait ses propositions et essaie de se singulariser vis-à-vis des autres. Les consensus ne sont cependant pas interdits au cours de cet exercice, parfois même sont-ils plus remarquables que des différences à la marge. Lors de la première confrontation télévisée entre les prétendants de la droite et du centre pour l’investiture à la prochaine présidentielle, la suppression de l’Impôt sur la Fortune (ISF) est revenue dans la bouche de chaque participant, hormis Nathalie Kosciusko-Morizet. Haro sur l’ISF ! La droite si elle l’emporte réduira la facture fiscale des plus fortunés. Le projet semble simple. On défiscalise pour réduire le poids des contributions de celles et ceux propriétaires d’un patrimoine conséquent. Simple et pourtant la droite n’a jamais été à l’aise avec ce sujet. A ce titre, Alain Juppé est peut-être le plus gêné des candidats sur cette question. C’est que sa longue carrière politique a été entre autres marquée par sa célèbre volte-face concernant l’ISF, en le supprimant en 1986 lorsqu’il fût ministre du budget, puis en l’alourdissant une fois à Matignon en 1995. Dernièrement, le maire de Bordeaux se fendait d’un mea-culpa sur le déplafonnement de l’impôt sur la fortune qu’il décidé quand il était Premier ministre, regret exprimé et vite remisé pour aussitôt réaffirmer son opposition à taxer les plus fortunés. Alain Juppé, comme ses camarades de la primaire est de droite. Sa proposition de supprimer l’ISF n’est donc pas surprenante. Ses arguments pour la justifier sont par contre toujours aussi fallacieux.

Alain Juppé, comme ses concurrents, use d’une ficelle déjà bien éprouvée pour condamner une taxation plus élevée des contribuables les plus aisés : l’impôt les ferait fuir, et donc fuyant, ce serait autant de capitaux en moins à disposition de l’économie française, donc moins d’investissement, donc moins d’activité, donc moins d’emplois…On connaît ces enchaînements économiques dont se prévalent hommes et femmes politiques, de gauche comme de droite d’ailleurs, pour recommander ce qu’il ne faut pas faire et que eux , s’ils étaient au pouvoir, ne feraient pas. A propos de l’ISF, certains oublient un peu vite que la fuite n’est possible qu’à condition d’être mobile. Il en va des capitaux comme des hommes ! Sachant qu’une bonne part de l’impôt sur la fortune est générée par des biens immobiliers, difficile alors d’envisager ces chers contribuables fortunés passant la frontière avec leurs actifs immobiliers dans leurs bagages. En outre, s’ils avaient tous la même idée de vendre leurs immeubles pour récupérer de l’argent liquide et ainsi faire circuler plus aisément leurs avoirs, le marché immobilier se trouverait vite saturer par une offre disproportionnée entraînant une baisse significative de la valeur des patrimoines. On a connu meilleure stratégie d’optimisation fiscale…

Considérer qu’imposer plus conséquemment les patrimoines freine l’activité revient à penser que seule la fiscalité est un déterminant pour dans le choix d’investir. Cette réflexion est plus un raccourci qu’un cheminement fondé. On ne peut certes pas nier que l’impôt est un critère de décision pour l’investisseur. Mais il est bien loin d’être le seul. L’investissement repose avant tout sur un projet et les moyens de le réaliser dans un environnement économique donné. La garantie des institutions, la qualité des infrastructures, les niveaux de qualification des salariés, l’effort public en direction de la recherche, sont bien plus générateurs de croissance, donc de rendements financiers pour les investisseurs, qu’une simple remise sur une facture fiscale.

L’ISF rapporte chaque année à l’Etat français 5 milliards d’euros de recettes. Comparativement, l’impôt sur le revenu dégage annuellement une rentrée fiscale de 76 milliards d’euros. L’impôt le plus injuste qui soit, la TVA, génère quant à lui un gain budgétaire de plus 195 milliards d’euros par an. Il est donc faux de d’affirmer que la fiscalité française est confiscatoire à propos des plus fortunés. Le taux de prélèvements obligatoires est très élevé en France, trop certainement, mais il l’est pour tous et d’autant moins supportable que les revenus sont faibles. D’ailleurs, la droite adosse la suppression de l’ISF à la compétitivité de l’économie française. Il n’est dans leurs propos jamais question de justice fiscale. Quand on sait que les revenus du patrimoine ont fortement progressé au cours des trente dernières années et captent aujourd’hui une bonne partie des fruits de la croissance, il ne manquerait plus que la droite se présente comme justicière en annonçant la mort programmée de l’ISF.

Retour à l’accueil

« Un président ne devrait pas dire çà… », ou quand François Hollande peut-être solde ses comptes

Hollande et le président qui ne devrait pas dire ça

« Un président ne devrait pas dire çà… ». On pourrait prendre au pied de la lettre le titre du livre dans lequel François Hollande se confie et se demander quelle mouche à bien pu piquer le président actuel pour se livrer de la sorte dans cet ouvrage. On connaît le goût de Hollande pour la confidence et les rapports particuliers qu’il peut entretenir avec la presse. Ce n’est pas la première fois qu’il s’exécute devant des journalistes en ouvrant son intimité. Ce n’est pas non plus le premier homme politique à pratiquer ainsi. L’épanchement public est un moment politique parmi d’autres. Mais ce qui est nouveau, c’est qu’il est désormais pratiqué alors même que l’intéressé est en fonction. Par le passé, les confidences venaient se glisser dans des mémoires écrites à la suite d’un long parcours au service de l’Etat. Dorénavant, elles n’attendent plus. Il faut écrire ou faire écrire de suite, avant même que le pouvoir soit rendu, comme s’il fallait battre le fer pendant qu’il est encore chaud. La vie politique elle non plus n’a pas échappé à cet air du temps qui veut que tout soit immédiat pour très vite passer ou penser à autre chose. Les livres politiques sont désormais plus des témoignages instantanés que des mémoires de fond puisqu’il n’est pas laissé le temps à leurs auteurs de les coucher sur le papier, ou alors ne le souhaitent-ils pas pour des considérations électoralistes, ce qui semble être le cas de François Hollande à quelques mois de la prochaine présidentielle.

Un président de la République commet toujours des erreurs durant son mandat. Certaines sont plus importantes que d’autres et compromettent un avenir politique. François Hollande comme ses prédécesseurs s’est trompé et cela n’a rien d’anormal. Mais qu’une erreur se répète, celle-ci prend très vite des allures de faute. En matière de communication, et l‘on sait l’importance de l’image en politique, le président socialiste se sera égaré depuis sa prise de fonction présidentielle. On se souvient qu’il se présenta comme un « président normal » une fois prises ses fonctions élyséennes. C’était une façon pour lui de rompre avec le style Sarkozy. Ce fut une bévue. Les français ne le comprirent pas. On ne peut imaginer qu’être Président de la République puisse être une fonction ordinaire, et les électeurs ne le souhaitent pas. Etre chef de l’Etat exige des qualités exceptionnelles et la normalité ne peut satisfaire cette exigence. La présidence de la République requiert une stature unique chez celle ou celui qui la représente. Mitterrand l’avait, Chirac un peu moins peut-être. Il n’est pas étonnant que Juppé actuellement en pleine course des primaires déclare aujourd’hui une certaine admiration pour le premier et l’on sait la fidélité qui fût la sienne à l’égard du second. Lui qui n’est pourtant pas le plus à l’aise avec la communication a compris que la République fonctionne aussi avec des symboles, et la présidence en est un des plus illustres. François Hollande lui se perd toujours dans ses errances communicantes. Une fois encore il avance en « président normal » avec le dernier livre confidence dont il est le héros, mettant au passage très mal à l’aise son camp politique à quelques mois d’une campagne présidentielle qui comme toujours sera très rude. L’exercice a de quoi surprendre. On comprend mal pourquoi François Hollande pratique de la sorte, notamment lorsqu’à longueur de pages il fait part de convictions qui sont à l’opposé de ce que fût son action à la tête de l’exécutif, comme à propos de la déchéance de nationalité. Le procédé est pour le moins surprenant chez celui qui peut-être bientôt se déclarera candidat. A moins qu’il s’agisse d’un livre pour solde de tout compte…

Retour à l’accueil