Quand François Hollande tomba après Nicolas Sarkozy

Hollande et Sarkozy absents de la présidentielle 2017

François Hollande ne sera pas candidat à sa propre succession. Celui qui se voulait être un président « normal » a décidé une sortie politique inédite dans l’histoire de la Ve République puisque tous ses prédécesseurs s’étaient eux engagés dans la course présidentielle pour prolonger leur mandat. Mais Hollande avait-il vraiment le choix ? Jamais un président ne fût aussi impopulaire et ceci si durablement que l’actuel locataire de l’Elysée. Rarement un homme au pouvoir aura vu son propre camps se déchirer à son propos jusqu’à générer des fractures dangereuses pour l’avenir même de son parti. Jamais un Président de la République ne se livra comme lui à la confidence, l’exercice ressemblant fort bien à un suicide politique. Rarement un chef d’Etat n’eût à connaître autant de critiques, de sarcasmes, de railleries même à son encontre, jusqu’à ce que son autorité soit ébranlée et son image totalement écornée, rendant inaudible le moindre de ses messages politiques.

François Hollande ne sera jamais vraiment parvenu à incarner le pouvoir. C’est bien plus sur la forme, sur l’exercice de la fonction présidentielle, qu’il a échoué. C’est l’histoire d’un candidat qui après avoir séduit les français les a perdus une fois devenu président. Après tout, le bilan de François Hollande n’est pas plus mauvais que celui de ses prédécesseurs. On lui doit au moins de ne pas avoir sabordé le système de protection sociale en France malgré des tensions économiques très fortes. Il a également permis aux entreprises de restaurer leurs marges, n’en déplaise à la droite qui ne propose pas mieux. Il a son actif la dernière grande avancée républicaine en France avec la loi sur le mariage pour tous. Il s’attela aussi à redonner à l’école les moyens de ses ambitions, soit la réduction des inégalités pour moins d’endogamie sociale. Il fût aux côtés des forces de l’ordre lorsque la France fût victime d’attaques terroristes inégalées sur son sol.

François Hollande a fait des erreurs politiques. Mais qui n’en fait pas. La plus importante de toutes est certainement de ne pas avoir renégocié le traité budgétaire européen dès son accession à l’Elysée. Très vite le discours du Bourget ne fût plus qu’un souvenir de campagne. François Hollande donna aussi l’impression de renoncer face à la pression de l’Allemagne pour plus d’austérité en Europe. Alors que nombres d’économies européennes étaient déjà exsangues, celles-ci se retrouvèrent à payer un coût budgétaire toujours plus élevé. François Hollande n’a pas su inverser la tendance. Le discrédit s’est emparé de sa fonction puis le désamour des français de sa personne. Un d’Etat incarne un mandat présidentiel et aussi un rapport affectif entre un peuple et celui qui le représente. Cette relation rapidement a été troublée entre François Hollande et les français.

Décider de ne pas être candidat est tout aussi courageux que de s’engager en politique mais plus douloureux lorsque l’on y est contraint. François Hollande une fois de plus sème le trouble dans les esprits. On est à la fois partagé entre le courage qu’inspire sa décision pour le service de l’intérêt  général et une forme d’apitoiement devant un homme qui n’a d’autre choix que de partir. François Hollande rebat également quelques cartes pour les semaines à venir en n’étant pas candidat. Son départ programmé crée un nouvel espace politique qui à n’en pas douter sera très vite investi par Manuel Valls. Qui sait si bientôt nous ne verrons pas s’affronter deux ex-premier ministres respectivement débarrassés de « leur » président et impatients d’être à leur tour au sommet de l’Etat.

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100 milliards d’euros de dépenses publiques en moins, ou ce que la droite française ne dit pas dans ses primaires

Les primaires de la droite et du centre et les dépenses publiques

Toute campagne électorale est traversée par des discours qui très vite tombent dans l’oubli une fois l’élection venue. Certains propos électoraux pourtant demeurent après que les urnes se soient exprimées. On se souvient encore aujourd’hui de la fracture sociale diagnostiquée par le candidat Chirac à propos de la société française, ou bien encore François Hollande se déclarant en guerre contre la finance. Ainsi, les campagnes électorales se nourrissent de mots prononcés ici et là et dont certains restent gravés dans la mémoire collective. Les chiffres également peuvent jalonner le temps préélectoral et marqués durablement les esprits. S’agissant de la présidentielle à venir en France, il est un chiffre, ou plutôt une somme, qui commence à s’installer dans la campagne électorale : cent milliards d’euros. Ce montant, important en soi, l’est encore plus lorsqu’il correspond au niveau de réduction des dépenses publiques qu’envisage la droite si elle revient au pouvoir. Cent milliards, voilà très certainement le chiffre qui serait porté par le candidat de droite pour 2017 et qui franchirait les portes de l’Elysée si celui-ci l’emportait aux prochaines présidentielles.

La droite nous promet donc qu’avec elle aux commandes, l’Etat sera à nouveau vertueux en matière de dépenses. Il faut cependant avoir les moyens de ses vertus. En finances publiques, rien ne va de soi, il faut des choix. Sur la baisse des dépenses de l’Etat, les candidats à la primaire se maintiennent à une déclaration d’intention sans véritable précision. Les chiffres en politique gagnent aussi en notoriété avec le mystère qui les entoure. La droite en campagne reste pour l’instant évasive sur le sujet, tout au plus annonce-t-elle des réductions du nombre de fonctionnaires. C’est certainement là de sa part plus de prudence que défaut de transparence. On ne réduit pas significativement les coûts de fonctionnement de l’Etat sans coupe drastique dans des budgets électoralement sensibles. L’Education nationale par exemple serait forcément impactée par l’austérité promise par la droite. L’école en effet représente un quart du budget de l’Etat. Mais contrairement à une idée reçue, la France n’est pas la plus dispendieuse parmi les pays dits riches en matière d’éducation. Et l’on sait depuis une dernière enquête menée par l’OCDE que le système éducatif français est loin de faire partie des premiers de classe au niveau mondial en matière de performance. L’Education nationale a donc besoin de plus de moyens pour que l’école française contribue véritablement à réduire les inégalités et ainsi limiter l’endogamie sociale. L’abaissement massif des dépenses publiques défendu par le parti Les Républicains semble pourtant aller à l’inverse d’une plus forte allocation budgétaire au bénéfice de l’instruction en France. Mais cela, la droite ne le dit pas…

Ce que la droite et le centre ne disent pas non plus dans le débat actuel, c’est que diminuer sensiblement le coût de fonctionnement de l’Etat impactera les collectivités locales. Les régions, les départements, les communes, reçoivent une dotation de l’Etat, soit une somme versée pour financer leur fonctionnement. Cette participation nationale aux dépenses locales n’a cessé de diminuer avec l’exécutif actuel. L’austérité budgétaire n’est pas l’apanage de la droite ! La gauche au pouvoir a déjà fortement mis à contribution les collectivités locales pour la diminution des dépenses publiques. La droite aux commandes de bon nombre de collectivités depuis 2014 après les revers électoraux du parti socialiste s’est suffisamment insurgée à propos de la baisse des dotations de l’Etat pour nous rappeler que le service public n’est pas que national, qu’au contraire la puissance publique dont chacun bénéfice est avant tout de proximité. On est pourtant surpris du silence de ces mêmes élus locaux sur le risque que soient à nouveau amputés les budgets communaux, départementaux, régionaux, avec les coupes drastiques des dépenses que proposent les ténors nationaux de droite. Réduire de cent milliards d’euros les charges publiques ne se fera pas sans que les collectivités locales aient à mettre une fois encore la main à la poche. Mais cela, la droite ne le dit pas non plus…

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Quand la gauche s’apprête à voter pour une droite décomplexée

Les primaires de la droite et du centre et la gauche

L’électeur de gauche se trouve aujourd’hui dans une position malaisée vis-à-vis de la primaire de la droite et du centre. A priori, il n’a aucune raison de participer à l’investiture d’une personne qui à terme portera un projet ne lui correspondant pas. C’est la droite qui cherche son candidat, pourquoi donc la gauche irait-elle s’en mêler ? Pour autant, le résultat des primaires risque d’être différent selon que le scrutin reste concentré dans les mains des militants du parti Les Républicains ou bien si d’autres sensibilités politiques y participent en nombre. Les électeurs de gauche se déplaçant massivement à la primaire de droite, Juppé sortirait très probablement gagnant face à Sarkozy. Cela n’est pas rien tant on connaît le rejet qu’inspire l’ex-président auprès des militants et sympathisants d’un bord politique qui n’est pas le sien. Mais au-delà de cette réaction presque épidermique, il est un calcul qui peut être fait et justifie d’apporter malgré tout sa voix à Nicolas  Sarkozy, s’agissant en l’occurrence de faire barrage à Alain Juppé qui aujourd’hui est le mieux placé pour gagner la prochaine présidentielle contre le Front National. Juppé ne laisserait donc aucune chance à la gauche de l’emporter, voire même d’être présente au second tour. Votant Sarkozy aux primaires de droite, l’électeur de gauche chercherait à désigner son meilleur adversaire pour les présidentielles de 2017, celui dont la personnalité controversée dépassant les frontières partisanes représente une chance pour un candidat socialiste de se hisser au second tour.

Sarkozy ou pas Sarkozy ? Juppé ou pas Juppé ? Cruel dilemme pour le militant ou sympathisant de gauche. Il reste cependant une façon de dépasser ce choix cornélien : ne pas voter à la primaire de la droite et du centre, en faisant abstraction des personnalités candidates à la candidature pour ne retenir que le projet défendu à droite. Sur ce point, les idées des uns et des autres se rejoignent, ce qui n’est pas surprenant s’agissant d’une élection au sein d’une même force politique. La primaire est ainsi bien plus le moyen de résoudre une lutte de personnes que de construire un programme. De façon différente, les sept prétendants pour l’Elysée expriment le même projet pour la France : à droite toute ! Il est en effet question de réduire massivement les dépenses publiques avec notamment la réduction du nombre de fonctionnaires, donc plus d’austérité, de poursuivre une politique de l’offre déjà bien engagée par l’exécutif actuel avec des baisses conséquentes de charges sociales au bénéfice des entreprises, de revoir la fiscalité au profit essentiellement du capital. Et bien-sûr, les candidats à la primaire unanimement comptent bien mettre un terme à ces satanées trente-cinq heures que la droite présente volontiers comme à l’origine d’un mal français, alors même qu’au pouvoir les dix années suivant la publication de la loi sur la réduction du temps de travail, elle ne les a jamais remises en cause ! Pour terminer, au travers des attaques répétées contre la CGT, la primaire actuelle est aussi la manifestation d’une volonté à droite de contraindre l’exercice syndical en France.

Le programme politique qui sera porté par le parti Les Républicains et ses alliés lors des prochaines présidentielles sera à l’évidence très marquée à droite, tant sur les questions économiques que sociales. Alain Juppé s’il sort vainqueur de la primaire ne sera pas un candidat du centre. Quand à Nicolas Sarkozy, on se doute que sa stratégie de campagne sera très proche des précédentes s’il est élu candidat, lorgnant ainsi sur l’électorat du Front National. Dès lors, l’électeur de gauche est-il prêt à devenir l’un des artisans d’une candidature aux prochaines présidentielles portant un projet si éloigné des valeurs qu’il défend ?

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Quand François Hollande se perd dans la synthèse au lieu de rassembler

Holllande, la synthèse, le rassemblement

En 1967, Georges Pompidou alors Premier ministre déclarait que la France serait au bord de la révolution si plus de 500 000 personnes se trouveraient sans emploi. Cinquante plus tard, la société française n’a pas eu à connaître de renversement révolutionnaire même si le nombre de chômeurs est aujourd’hui bien supérieur au seuil crépusculaire annoncé par Pompidou. Y’a-t-il donc comme une sorte de fatalité qui pousse les esprits à la résignation à propos du chômage ? En 1993, le président François Mitterrand semblait rendre les armes sur le sujet, en affirmant que l’on avait tout essayé. Fin de l’histoire. Le modèle français comme dans d’autres pays dits riches intègrerait le fait qu’une part importante de la population soit sans activité. Le fatalisme pourtant est un bien piètre conseiller, et la politique sert justement à refuser les déterminismes, à ne pas considérer que tout est joué d’avance, pire à sombrer dans le renoncement. Tout a peut-être été essayé comme le disait François Mitterrand, cela n’empêche pas de réessayer dans des formes différentes. En matière de lutte contre le chômage, les recettes ne sont pas non plus multiples.

Les façons de dynamiser l’emploi sont un marqueur clivant entre gauche et droite. D’ordinaire, à gauche on vise plutôt la sécurité des salariés, à droite la flexibilité du travail. Mais notre époque politique est singulière, traversée par deux tendances politiques de fond, avec d’une part la poussée des extrêmes à droite, d’autre part le centrisme. C’est surtout cette seconde direction qui a permis l’émergence de la flexisécurité censée être la solution au problème du chômage, en conciliant sécurité et flexibilité sur le marché du travail. Les promoteurs de cette idée la présente comme gagnante pour les deux parties concernées, les salariés et les employeurs, et ainsi ce gain mutuel permettrait des assouplissements en termes d’offres et de demandes d’emploi bénéfiques aux personnes en recherche d’activité professionnelle. A l’inverse, ceux qui s’opposent à la flexisécurité la considère comme une voie profitant exclusivement aux entreprises en leur permettant de pouvoir licencier plus aisément. L’équilibre entre salariés et employeurs promis en synthétisant sécurité et flexibilité serait un leurre. La loi El Khomri ne leur a pas donné tort. La partie sécurité du dispositif est passée presque inaperçue car bien trop générale par rapport aux mesures précises en faveur d’une plus grande souplesse du marché du travail, notamment à propos des licenciements. Il ne manquait plus que la loi soit portée par le pouvoir de gauche en place pour que les pistes soient définitivement brouillées.

La synthèse est un art bien difficile en politique. Elle suppose de renoncer à une partie de ses convictions pour en accepter d’autres qui à l’origine ne sont pas les siennes. Elle est cependant indispensable pour celle ou celui qui prétend prendre la tête d’un parti politique. Les courants y sont en effet nombreux, il ne faudrait pas que tout cela déborde jusqu’à créer des scissions, des ruptures. François Hollande a très bien su faire cela en tant que secrétaire national du parti socialiste durant une décennie. Une fois devenue président de la République, il pensait manifestement pouvoir conserver la même méthode. Mais la tête de l’Etat exige plus le rassemblement que la synthèse, autour d’un projet clair et précis. Sur le chômage avec entre autres la loi El Kohmri, comme sur le reste, François Hollande s’est perdu à synthétiser plutôt qu’à rassembler.

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Bal tragique aux primaires de droite ! Un mort, l’impôt sur la fortune

L'impôt sur la fortune et les primaires de la droite et du centre

Les primaires au sein d’un parti se caractérisent par un vote interne, mais aussi par le débat entre les candidats où chacun fait ses propositions et essaie de se singulariser vis-à-vis des autres. Les consensus ne sont cependant pas interdits au cours de cet exercice, parfois même sont-ils plus remarquables que des différences à la marge. Lors de la première confrontation télévisée entre les prétendants de la droite et du centre pour l’investiture à la prochaine présidentielle, la suppression de l’Impôt sur la Fortune (ISF) est revenue dans la bouche de chaque participant, hormis Nathalie Kosciusko-Morizet. Haro sur l’ISF ! La droite si elle l’emporte réduira la facture fiscale des plus fortunés. Le projet semble simple. On défiscalise pour réduire le poids des contributions de celles et ceux propriétaires d’un patrimoine conséquent. Simple et pourtant la droite n’a jamais été à l’aise avec ce sujet. A ce titre, Alain Juppé est peut-être le plus gêné des candidats sur cette question. C’est que sa longue carrière politique a été entre autres marquée par sa célèbre volte-face concernant l’ISF, en le supprimant en 1986 lorsqu’il fût ministre du budget, puis en l’alourdissant une fois à Matignon en 1995. Dernièrement, le maire de Bordeaux se fendait d’un mea-culpa sur le déplafonnement de l’impôt sur la fortune qu’il décidé quand il était Premier ministre, regret exprimé et vite remisé pour aussitôt réaffirmer son opposition à taxer les plus fortunés. Alain Juppé, comme ses camarades de la primaire est de droite. Sa proposition de supprimer l’ISF n’est donc pas surprenante. Ses arguments pour la justifier sont par contre toujours aussi fallacieux.

Alain Juppé, comme ses concurrents, use d’une ficelle déjà bien éprouvée pour condamner une taxation plus élevée des contribuables les plus aisés : l’impôt les ferait fuir, et donc fuyant, ce serait autant de capitaux en moins à disposition de l’économie française, donc moins d’investissement, donc moins d’activité, donc moins d’emplois…On connaît ces enchaînements économiques dont se prévalent hommes et femmes politiques, de gauche comme de droite d’ailleurs, pour recommander ce qu’il ne faut pas faire et que eux , s’ils étaient au pouvoir, ne feraient pas. A propos de l’ISF, certains oublient un peu vite que la fuite n’est possible qu’à condition d’être mobile. Il en va des capitaux comme des hommes ! Sachant qu’une bonne part de l’impôt sur la fortune est générée par des biens immobiliers, difficile alors d’envisager ces chers contribuables fortunés passant la frontière avec leurs actifs immobiliers dans leurs bagages. En outre, s’ils avaient tous la même idée de vendre leurs immeubles pour récupérer de l’argent liquide et ainsi faire circuler plus aisément leurs avoirs, le marché immobilier se trouverait vite saturer par une offre disproportionnée entraînant une baisse significative de la valeur des patrimoines. On a connu meilleure stratégie d’optimisation fiscale…

Considérer qu’imposer plus conséquemment les patrimoines freine l’activité revient à penser que seule la fiscalité est un déterminant pour dans le choix d’investir. Cette réflexion est plus un raccourci qu’un cheminement fondé. On ne peut certes pas nier que l’impôt est un critère de décision pour l’investisseur. Mais il est bien loin d’être le seul. L’investissement repose avant tout sur un projet et les moyens de le réaliser dans un environnement économique donné. La garantie des institutions, la qualité des infrastructures, les niveaux de qualification des salariés, l’effort public en direction de la recherche, sont bien plus générateurs de croissance, donc de rendements financiers pour les investisseurs, qu’une simple remise sur une facture fiscale.

L’ISF rapporte chaque année à l’Etat français 5 milliards d’euros de recettes. Comparativement, l’impôt sur le revenu dégage annuellement une rentrée fiscale de 76 milliards d’euros. L’impôt le plus injuste qui soit, la TVA, génère quant à lui un gain budgétaire de plus 195 milliards d’euros par an. Il est donc faux de d’affirmer que la fiscalité française est confiscatoire à propos des plus fortunés. Le taux de prélèvements obligatoires est très élevé en France, trop certainement, mais il l’est pour tous et d’autant moins supportable que les revenus sont faibles. D’ailleurs, la droite adosse la suppression de l’ISF à la compétitivité de l’économie française. Il n’est dans leurs propos jamais question de justice fiscale. Quand on sait que les revenus du patrimoine ont fortement progressé au cours des trente dernières années et captent aujourd’hui une bonne partie des fruits de la croissance, il ne manquerait plus que la droite se présente comme justicière en annonçant la mort programmée de l’ISF.

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Quand Nicolas Sarkozy se prend pour le Général De Gaulle à propos du référendum

Sarkozy et de Gaulle avec le référendum

La vie politique s’anime avec de nouvelles têtes émergentes ou lorsque des idées neuves s’imposent dans le débat. Parfois une candidature inattendue fait sensation lors d’une élection, quand une personnalité jusqu’alors inconnue dans le paysage politique récolte un grand nombre de voix, bénéficiant d’une sorte de prime à la nouveauté auprès de l’électorat. Les soirs de premier tour ont souvent vu l’avènement d’un troisième homme, celui ou celle que l’on n’attendait pas à ce niveau, celui ou celle propulsé au centre de l’arène politique une fois devenu faiseur de roi avec ses voix reportables pour le second tour. Pour autant, les vieilles méthodes en politique aussi font réagir, surtout quand il s’agit de ficelles bien usées. Il est vrai que le risque de redite, de répétition, est d’autant plus élevé que l’on est engagé politiquement depuis longtemps. On peut aussi être fidèle à ses idées, tout comme se faire écho à soi-même dans le temps, en maintenant une ligne de conduite invariante quelle que soit la saison politique. Mais il est des rengaines qui traversent les débats, passant d’une campagne à l’autre, comme la proposition de Nicolas Sarkozy sur l’organisation de référendums juste après les présidentielles.

Le patron du parti Les Républicains se présente volontiers comme le parangon d’une France forte. Manifestement, ses idées n’ont pas la force de ce qu’il prétend représenter. En 2007, Nicolas Sarkozy  raillait son adversaire Ségolène Royal à propos de la démocratie participative que la candidate socialiste défendait, lui reprochant de céder à la démagogie et de minorer la responsabilité du pouvoir politique en sollicitant régulièrement l’avis des français. Cinq ans plus tard, en 2012, puis à nouveau aujourd’hui, Nicolas Sarkozy trouve dans le référendum des vertus qui manifestement lui avait totalement échappé quelques années plus tôt. Il n’est certes pas interdit de changer d’opinion.  Mais la façon à laquelle Nicolas Sarkozy a transformé les discours en antienne pro-référendaire laisse à penser que derrière tout cela se joue un coup électoraliste pour capter un électorat de moins en moins attentif à son égard.

Le référendum est une forme d’exercice démocratique, au même titre que la représentation nationale au sein des assemblées parlementaires. Néanmoins, la manière est une chose, la matière en est une autre. Il ne faudrait pas que la méthode efface le fond. Les questions que s’apprête à poser Nicolas Sarkozy aux français s’il était élu sont de deux ordres : oui ou non concernant le regroupement familial à propos des personnes immigrées, pour ou contre la rétention des individus fichés S par les services de renseignement. Autant dire que la première question reflète bien le réflexe identitaire désormais au cœur de la campagne de Sarkozy pour récupérer à son profit une partie des voix du Front National. Quant à la seconde, elle illustre assez bien l’empressement d’un ex-président de la République à sortir du cadre institutionnel qui garantit pourtant le fonctionnement de la justice en France. Les référendums témoignent ainsi de l’envergure de ceux qui en font usage selon la nature de la question posée. Le général De Gaulle à plusieurs reprises appela les français à se prononcer, en 1958 à propos de la Constitution, en 1961 sur l’autodétermination en Algérie pour ouvrir la voie vers la fin du conflit, en 1969 sur la régionalisation et la réforme du Sénat pour lesquelles le premier président de la Vème République mit sa carrière en jeu. On connaît la suite. Toujours est-il que De Gaulle questionna les français sur des sujets essentiels engageant le pays, et non pas sur des thèmes clivant la population. Nicolas Sarkozy s’affirme volontiers comme un héritier du général De Gaulle en proposant des référendums. Au vu des questions qui l’animent, ce serait là bien plus un emprunt qu’un héritage.

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Sarkozy et Hollande dos à dos sur le chômage et la compétitivité en France, le Front national en embuscade

Sarkozy et Hollande contre le chômage

François Hollande aura mené durant son mandat une politique de l’offre. Sa ligne économique a en effet consisté à mettre à contribution les pouvoirs publics pour un allègement des charges des entreprises, de façon à rendre celles-ci plus compétitives vis-à-vis de l’étranger et les inciter à embaucher en diminuant le coût du travail. Le Crédit d’Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi (CICE) a été créé en ce sens, en allégeant les frais salariaux en France sur base d’une réduction d’impôt. C’est ainsi presque 20 milliards d’euros qui chaque année sont désormais reversés aux entreprises. Le chômage a-t-il ainsi baissé et la France est-elle devenue plus compétitive sur la scène internationale ? Les derniers chiffres livrés par Pôle Emploi au titre d’août 2016 font état d’une  hausse de 50 000 demandeurs d’emploi dans la catégorie A, soit sur l’un mois les plus catastrophique du mandat de François Hollande. Autant dire que le CICE a du plomb dans l’aile. Certes, s’agissant des données concernant août, un effet saisonnier peut biaiser la tendance de fond. Il s’agit en effet d’un mois caractérisé par une entrée massive de jeunes demandeurs d’emploi juste compte tenu de la fin d’une période scolaire, en attendant que les sollicitations de poste auprès des entrepreneurs produisent leurs effets. Mais tout de même, Pôle emploi une fois encore douche très froidement l’exécutif en place et ses chiffres confirment l’impasse politique actuelle à propos du chômage. François Hollande n’en a pas moins conditionné sa candidature aux prochaines présidentielles à l’inversion de la courbe du chômage. Reconnaissons que sa démarche dégageait un certain panache. Mais cela ne suffit pas pour emmener l’économie avec soi sur des chemins plus prometteurs.

A quelques mois de la fin du mandat de François Hollande, il est déjà possible de tirer un premier bilan de son action contre le chômage. Sauf surprise de dernière minute qui voudrait que l’activité économique s’emballe brutalement en 2017, ce que ne dit aucune projection sur le sujet tant en France qu’à l’étranger, le nombre de chômeurs aura augmenté d’un peu plus de 600 000 personnes depuis 2012. Autant dire que le bilan est mauvais, mais ne l’est pas plus, voire un peu moins que celui de Nicolas Sarkozy qui a vu le chômage s’accroître d’un peu plus de 780 000 personnes en cinq ans, ce que la droite au passage omet de signaler actuellement dans le débat des primaires. On peut toujours dire que le mandat de Sarkozy a été traversé par la plus grave crise financière et économique de l’après-guerre. Mais il est tout aussi possible de répondre que c’est Hollande qui en a connu les effets. Voilà bien de quoi renvoyer dos à dos les deux prétendants à l’Elysée.

En matière de compétitivité de la France à l’égard du reste du monde, ni droite ni gauche ne font non plus la différence. L’économie française n’est certainement pas moins compétitive aujourd’hui qu’elle ne l’était il y a 5 ans. Mais elle ne l’est pas plus avec le CICE. Le solde extérieur français reste déficitaire, autour de 24 milliards d’euros au titre de l’année 2015. Pourtant, nous nous trouvons actuellement dans ce que l’on désigne comme l’alignement des planètes, avec un euro faible favorable aux exportations, des cours du pétrole au plancher réduisant d’autant la facture énergétique, des taux d’intérêts historiquement bas propices à l’investissement. Mais rien n’y fait. La France ne vend pas plus aujourd’hui au reste du monde que par le passé.

Les candidats aux primaires de droite ont bien-sûr des solutions pour qu’il en soit différent dans un avenir très proche. A gauche aussi des voix se font entendre sur le sujet, partagés entre ouverture à l’internationale et quelques appétences protectionnistes. Mais pour l’essentiel, rien de nouveau sous le soleil. Sur ce sujet, comme pour bien d’autres, les débats sont stériles. Il est pourtant urgent qu’à gauche comme à droite un projet soit dessiné à propos de l’emploi et de la compétitivité en France. Le Front National en effet est en embuscade.

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Quand Alain Juppé risque de perdre les primaires face à Nicolas Sarkozy

Juppé et Sarkozy aux primaires de la droite et du centre

La droite française serait-elle déjà au bord de l’implosion ? Alors que les candidatures aux primaires du parti Les Républicains viennent à peine d’être validées, les divisions s’amplifient entre les concurrents, plus particulièrement entre Sarkozy et Juppé. Les deux hommes en sont désormais réduits à s’opposer par petites phrases interposées, le premier cherchant à faire passer le second comme trop timoré face aux enjeux nationaux, le second visant le populisme du premier comme catalyseur d’un débat s’enfonçant, selon ses propos, dans la nullité. Manifestement, la compétition est en train de se transformer en affrontement. Cela n’augure rien de bon à droite. On sait que le plus difficile avec l’exercice des primaires, ce n’est pas de les organiser, mais de les conclure en rassemblant autour du vainqueur. A ce stade du processus, on voit difficilement qui peut rallier sur sa personne toutes les tendances, tant le débat entre les prétendants à l’investiture a pris une tournure aux contours haineux.

Sarkozy et Juppé sont-ils si différents que cela pour s’opposer à ce point ? Ils sont bien-sûr au centre d’une rivalité que l’on trouve classiquement au sein d’un même parti lorsque s’y rencontrent deux fortes personnalités. Mais cette concurrence courante au plus haut niveau n’est pas indépassable. Les primaires servent justement à cela, à départager démocratiquement les oppositions internes et non plus, comme par le passé, avec des jeux d’influences obscurs. A gauche, en 2011, la compétition était vive entre François Hollande et Martine Aubry. Elle a pourtant été levée le soir du second tour des primaires avec une union au moins affichée, c’est déjà çà, et le parti socialiste s’est rassemblé autour de François Hollande pour la campagne présidentielle. On a du mal aujourd’hui à s’imaginer Alain Juppé et Nicolas Sarkozy se retrouver ensemble, ne serait-ce que pour la photo, le soir des résultats pour saluer celui qui sera investi pour représenter la droite à la course pour l’Elysée.

La politique, en plus d’animer les rivalités, est la confrontation de tempéraments. Force est de constater que sur ce point, Sarkozy et Juppé sont antinomiques. On pourrait penser cela comme anecdotique. Mais il n’en est rien. Dans une société de l’image telle que la nôtre, la façon d’incarner le pouvoir est devenue déterminante dans tout processus électif. On peut le regretter mais c’est ainsi, la forme bien souvent l’emporte sur le fond, la communication sur les idées. Toujours est-il que la différence de style entre Sarkozy et Juppé ajoute encore de la distance entre les deux hommes qui réduit d’autant la possibilité d’un rapprochement futur. Mais nul ne peut présager de l’avenir et la politique n’en finit jamais de surprendre…

Sur le plan des idées, Sarkozy a pris un chemin identitaire, Juppé l’a suivi. Même si ce dernier s’exprime différemment à ce propos, parlant d’identité heureuse, on a le sentiment qu’il court après son concurrent sur le sujet. Pourtant, sur la communauté nationale à laquelle renvoie le dont il est question avec le thème de l’identité, Juppé se positionne bien différemment de son adversaire, préférant l’intégration à l’assimilation concernant les personnes d’origine étrangère vivant sur le sol français. La divergence est de taille puisqu’il n’y est pas seulement question de reconnaissance nationale, mais également de vie culturelle. Pourquoi donc Alain Juppé n’a-t-il pas imposé la culture contre l’identité dans le débat actuel ? Craint-il en s’engageant plus en avant sur le terrain des idées de déclencher une bataille idéologique bien plus dangereuse à terme pour son camp qu’une simple confrontation de style ? Si tel est le cas, Juppé risque fort bien de perdre les primaires en se laissant enfermer par Sarkozy dans la forme. Il ne suffit pas au maire de Bordeaux de dénoncer la nullité du débat en visant son adversaire. A lui de l’élever pour espérer l’emporter.

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Le pari risqué de Sarkozy vis-à-vis du Front National pour la prochaine élection présidentielle de 2017

Sarkozy et le Front National

Sur le principe, les primaires donnent plus de souffle à la démocratie en permettant à celles et ceux qui le souhaitent de désigner un candidat aux prochaines élections présidentielles. Par contre, rien ne garantit la qualité des débats s’inscrivant dans ce moment démocratique. En 2011, l’exercice des primaires avait plutôt été profitable à la gauche car le parti socialiste était prêt à débattre sur des sujets de fond. Il est vrai qu’une décennie dans l’opposition laisse le temps de se préparer. Aujourd’hui, la gauche au pouvoir est en déliquescence, la personnalité du président en exercice l’emporte sur les idées, des candidatures se sont déclarées mais celles-ci semblent plus employées pour une projection vers 2022 que pour nourrir le débat de fond…

A droite, d’idées il est question mais nullement de vision. Pour preuve, bon nombre de candidats n’ont rien d’autre à promettre que le repli sur soi, s’enfermant dans des considérations identitaires pour mieux chasser sur les plates-bandes du Front National. Nicolas Sarkozy en tête de meute fait partie de ces chasseurs. En 2007, cette tactique a payé. Sarkozy est devenu président en intégrant quelques thèses frontistes à son discours. Mais dix ans plus tard, la configuration est toute autre. Marine Le Pen est désormais à la tête du Front National avec l’intention de prendre le pouvoir, ce qui n’était pas le cas de son père en 2007. Elle a su également entre-temps écarter Jean-Marie Le Pen de la direction du parti, lui qui était devenu trop encombrant pour lisser l’image d’une force politique en quête de dédiabolisation et de respectabilité. Enfin, le Front national a renversé le bipartisme pourtant ancré depuis plusieurs décennies dans le paysage politique français. Les frontistes ont gagné nombre de scrutins locaux même s’ils n’ont pas su briser le plafond de verre pour l’emporter dans de grandes collectivités territoriales.

Il y a fort à parier que Marine Le Pen sera au second tour de la prochaine présidentielle. La triangulaire n’étant pas permise, elle sera obligatoirement opposée à un représentant de gauche ou de droite. Cette perspective rend d’autant plus importantes les primaires à venir, avec le sentiment que celui ou celle qui à droite en sortira vainqueur sera de facto le prochain Président de la République. Ainsi, quand Nicolas Sarkozy se fait l’écho de propositions qu’affectionnent l’extrême-droite, on se doute que c’est pour mieux contrer son principal adversaire du moment, Alain Juppé. Celui-ci en effet représente la droite et le centre. Sarkozy quant à lui a choisi le chemin inverse, en cherchant à incarner la droite et la droite-extrême. Les prochaines primaires serviront donc à déterminer une candidature pour les présidentielles, mais aussi à savoir si la droite française aujourd’hui est plutôt proche du centre ou de la droite-extrême. Quant au scrutin présidentiel de 23 avril et du 7 mai 2017, il nous dira si Sarkozy, en reprenant à son compte certaines idées frontistes, aura réussi à étouffer le Front National ou s’il lui aura permis d’être plus fort qui ne l’est d’ores et déjà.

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Présidentielles 2017 : Hollande et Sarkozy face à face par primaires interposées

Sarkozy contre Hollande pour les présidentielles 2017

Les primaires à venir pour la prochaine élection présidentielle en France seront inédites aussi bien à gauche comme à droite. Même si en 2006, puis en 2011, les socialistes organisèrent ce mode de sélection pour désigner leur candidat, ils se trouvent cette fois-ci dans une configuration nouvelle. Pour la première fois, un président en exercice au moment de l’investiture se soumettra très probablement au vote des militantes et autres sensibilités de gauche. Pour la droite, la situation est également inédite avec un ex-président qui s’est déclaré dernièrement candidat à l’investiture. Ainsi, par primaires interposées, le duel Hollande-Sarkozy est à nouveau en marche, mais pendant combien de temps. La perspective d’un affrontement des deux hommes au second tour des présidentielles apparaît aujourd’hui peu probable. Même si rien n’est jamais joué d’avance, force est de constater que le Front National passera très certainement le premier tour. Cette perspective rend donc les primaires encore plus importantes qu’elles ne l’ont été par le passé.

Au sein des partis politiques, c’est d’ores et déjà le 1er tour des présidentielles qui se joue avant l’heure officielle. Il n’y a qu’à voir l’énergie, l’activisme, voire une certaine forme de frénétisme, développés par Nicolas Sarkozy depuis plusieurs mois, avant même de s’être déclaré officiellement candidat aux primaires de droite. François Hollande lui non plus n’est pas en reste. Il est déjà en campagne, différemment bien-sûr. Sa fonction présidentielle exige de lui une certaine réserve et son tempérament n’est pas celui de son principal adversaire. Hollande mesuré, certains diront mollasson, n’en est pas moins redoutable dès lors qu’il est en campagne électorale, tout comme l’est Sarkozy. Tous deux appartiennent à cette trempe d’homme politique aux ressources inépuisables pour la conquête du pouvoir, à la manière de Chirac et de Mitterrand, inusables dans l’effort et franchissant allègrement les cotes d’impopularité exprimées par les sondages. Il dégage alors une force sans pareille d’autant plus regrettable ensuite lorsqu’elle s’épuise une fois les portes de l’Elysée franchies. Quel gouffre entre le candidat et le président ! Certes, la fonction présidentielle n’est pas une partie de campagne, le projet doit devenir réalité. Mais tout de même, très vite on ne reconnaît plus le candidat que l’on a connu et parfois tant soutenu une fois celui-ci devenu président. Sarkozy a bien tenté au début de son mandat de rester le ministre hyperactif qu’il était et avait séduit la majorité des français. Cela n’a pas duré. Hollande quant à lui a essayé d’endosser les habits du président tout en restant « normal ». Cela n’a pas fonctionné. Tous deux sont devenus très rapidement méconnaissables, créant un malaise dans leur propre camp politique. Le pouvoir transforme les hommes qui le conquièrent mais ne le possèdent pas…

En novembre, nous connaîtrons le ou la candidate du parti Les Républicains à la présidentielle. Pour les socialistes, ce sera fin janvier 2017. Les états-majors fourbissent leurs armes. Ils sont surtout nombreux puisque plusieurs personnes sont candidates à la candidature. Et dire qu’une fois ces primaires terminées, l’union doit être de mise autour du vainqueur ! On peine à imaginer celle-ci tant l’exercice des primaires exacerbe les divisions au sein d’un parti. Ségolène Royal et Martine Aubry ne s’en sont pas encore totalement remises aujourd’hui. La première a depuis abandonné toute ambition présidentielle, tandis que la maire de Lille semble perdue dans une gauche contestataire qu’elle ne maîtrise guère. Gagner les primaires ne suffit pas à faire le ou la meilleure candidate, encore faut-il être capable non pas de rassembler autour de soi, mais de recoller les morceaux une fois terminé le scrutin interne. François Hollande a très bien su faire lorsqu’il a été investi par les militants et autres sensibilités de gauche. Il faut dire que l’homme avait une grande expérience du consensus après une décennie passée à la tête du Parti socialiste en tant que Secrétaire national. Nicolas Sarkozy lui, n’avait pas été contraint par ce délicat exercice de pacification au sein de son parti puisqu’il était le seul candidat à l’investiture lors des primaires organisées en 2007 par l’UMP. La donne est totalement différente aujourd’hui. Le parti Les Républicains aligne huit candidats sur la ligne de départ : Sarkozy, Juppé, Fillon, Kosciusko-Morizet, Le Maire, Copé, Mariton, Poisson. Rien que cela ! Bon courage à l’heureux ou l’heureuse élue pour rassembler ensuite. Bien-sûr, certains se rallieront très vite au candidat investi en visant un poste ministériel. Manuel Valls l’a très bien fait en son temps lorsqu’il apporta son soutien à François Hollande dès le soir du premier tour des primaires socialistes de 2011, on connaît la suite…Le nombre de compétiteurs socialistes pour le palais élyséen n’est pas définitivement établi à ce jour. Son locataire actuel ne sait pas encore déclaré au sujet de sa propre succession. Toujours est-il que pour François Hollande, les choses aussi ont bien changé depuis 2011. Le changement qu’il a promis tout au long de sa précédente campagne électorale est désormais un bilan. Et comme tout bilan en politique, bon ou mauvais, il s’agit bien souvent d’un boulet à porter pour tout candidat en fonction avant l’élection. Sauf que dans le cas de Hollande, compte tenu que les primaires ajoutent deux scrutins au processus électif pour la présidentielle, le boulet sera à traîner plus souvent, le rendant ainsi d’autant plus lourd.

Sarkozy contre Hollande prochainement dans vos bureaux de vote ? Peut-être. Rien n’est impossible avant que l’élection n’ait eu lieu, sinon il n’est plus question de démocratie. Ce que l’on sait déjà, c’est que ni l’un ni l’autre ne fait aujourd’hui l’unanimité dans son parti. Demain, les primaires nous diront s’ils disposent encore d’une majorité dans leur propre camp.

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